Pourquoi la méduse « immortelle » relance l’idée d’inverser l’âge

Image d'illustration. Une piste prudente sur l'âge réversible.ADN
Une petite méduse fascine les chercheurs par sa capacité à revenir à un stade antérieur de sa vie. De quoi nourrir, prudemment, la piste du vieillissement réversible.
En bref
- Une méduse peut revenir à un stade antérieur
- Ce cas nourrit la recherche sur le vieillissement
- Aucune preuve chez l’humain à ce stade
Les promesses pour inverser l’âge sont souvent retoquées dans la publicité. Pas assez de preuves. Pourtant, dans le vivant, un cas intrigue depuis des décennies, celui de Turritopsis dohrnii, la fameuse méduse dite immortelle.
Quand la biologie va plus loin que les promesses marketing
Dans l’industrie de la santé et de la beauté, faire reculer les signes de l’âge est devenu un objectif central. Mais affirmer qu’une crème ou un soin remonte réellement l’horloge biologique reste, en général, un pas de trop. Les autorités de contrôle demandent souvent le retrait de ce type d’allégations, faute d’éléments solides.
C’est là que le cas de cette petite méduse devient intéressant. Non pas parce qu’il prouverait que l’humain pourra rajeunir, mais parce qu’il donne au moins une forme de plausibilité biologique à l’idée.
Le curieux retour en arrière de la méduse immortelle
Chez Turritopsis dohrnii, le phénomène observé est étonnant. Quand elle subit une blessure mortelle, elle peut se fixer sur une surface, rentrer ses tentacules, puis se transformer en une sorte de masse informe.
Cette masse correspond à l’état de polype, une étape plus précoce de son cycle de vie. À partir de là, de nouvelles méduses, génétiquement identiques, bourgeonnent puis se détachent pour vivre de façon autonome.
À ce jour, c’est le seul animal connu capable d’un tel retour en arrière, et encore, cela n’a été observé qu’en captivité. Quand cette capacité a été repérée dans les années 1980, les scientifiques ont été stupéfaits.
Pourquoi ce n’est pas tout à fait une régénération classique
On pourrait objecter que ce n’est pas une réparation du corps au sens strict. Après tout, chez l’humain aussi, un nouvel organisme apparaît à partir de cellules déjà présentes, notamment l’ovocyte, qui existe depuis la naissance.
Mais la différence est nette. Un bébé humain n’est pas un clone, puisqu’il résulte de la combinaison de l’ADN d’un ovule et d’un spermatozoïde. La méduse, dans cet état régénératif, n’a pas besoin de spermatozoïde, même si c’est sa voie habituelle. Les nouvelles méduses ressemblent donc davantage à des copies parfaites. La source compare même ce retour à un stade fertile à une forme d’inversion de la ménopause, avec, en plus, la capacité d’échapper à la mort.
Ce que les chercheurs espèrent en tirer pour l’humain
Les chercheurs continuent d’étudier Turritopsis dohrnii pour comprendre ses mécanismes. L’idée, derrière, est de mieux traiter des maladies liées au vieillissement, comme la démence.
Une étude menée en 2022 par des chercheurs espagnols a montré que cette méduse présente, par rapport à des espèces proches, une activité plus forte de gènes liés à la réparation de l’ADN, à la préservation des télomères, ces extrémités de chromosomes qui s’usent avec l’âge, et au maintien des cellules souches, indispensables à la régénération des tissus.
C’est prometteur, mais la marche reste haute. Pour l’instant, rien ne dit que ces découvertes permettront un jour à l’humain d’inverser son vieillissement, encore moins de tromper la mort.