En bref
- SK Hynix alerte sur une pénurie jusqu’en 2030.
- Bank of America doute des nouvelles capacités promises.
- La plainte sur les prix de la RAM gagne en crédibilité.
2027 pourrait être la pire année pour le marché de la mémoire. C’est le message envoyé récemment par le patron de SK Hynix, qui estime que les tensions sur l’offre de puces mémoire pourraient durer jusqu’en 2030. Une sortie qui tombe au mauvais moment pour le groupe, alors que toute l’industrie défend depuis des mois la même ligne, la flambée des prix serait surtout la conséquence de l’explosion de la demande liée à l’IA.
Une pénurie annoncée comme encore pire
Le secteur explique que les besoins en HBM, ces mémoires utilisées dans les centres de données pour l’intelligence artificielle, absorbent une part croissante des capacités de production. Dans ce récit, la RAM grand public se retrouve logiquement sous pression.
Le problème, c’est que ce discours convainc de moins en moins. Et l’avertissement de SK Hynix sur une situation encore plus tendue en 2027 n’a fait qu’alimenter ce scepticisme.
Le rapport qui fragilise la défense de l’industrie
Selon un rapport de Bank of America, relayé en Corée du Sud, les promesses d’augmentation massive des capacités de production paraissent beaucoup trop optimistes. Le cas de SK Hynix est particulièrement surveillé, avec seulement environ un sixième des nouvelles capacités annoncées qui pourraient être effectivement en ligne d’ici 2028.
Deux freins sont avancés. D’abord, la mise en place des infrastructures de pointe nécessaires à ces usines prendrait plus de dix ans. Ensuite, les fabricants doivent en parallèle moderniser leurs sites existants, ce qui pèse aussi sur la production.
Fin juin, le président sud-coréen Lee Jae-myung avait affirmé que les capacités de production pourraient doubler d’ici 2030. Mais les estimations de Bank of America intègrent aussi la fermeture d’unités plus anciennes. Résultat, le doublement annoncé paraît franchement fragile sur le papier.
Une plainte antitrust qui prend du poids
Ce point compte beaucoup pour la procédure engagée en Californie. Une action collective accuse Samsung, SK Hynix et Micron d’avoir maintenu les prix à un niveau artificiellement élevé. Ces trois groupes contrôlent environ 90% du marché mondial de la DRAM, ce qui rend la question de l’offre forcément sensible.
Si les capacités n’augmentent pas au rythme promis, la défense consistant à dire que les industriels font le maximum pour répondre à la demande perd en crédibilité. Pas une preuve en soi, mais un élément qui peut peser.
Le précédent de 2005 et la colère des utilisateurs
La défiance vient aussi d’un vieux souvenir. En 2005, Samsung et SK Hynix avaient déjà plaidé coupable dans une affaire majeure de fixation des prix de la DRAM.
Sur Reddit, les réactions ont suivi cette logique. Plusieurs utilisateurs disent ne plus croire au simple accident industriel lié au boom de l’IA, et certains réclament même de nouvelles poursuites contre ce qu’ils décrivent comme un cartel de la mémoire. Bon, la justice n’en est pas là. Mais entre l’historique du secteur, les prix qui grimpent et ce rapport bancaire, le dossier devient nettement plus embarrassant pour les fabricants.