En bref
- XXiaomi est un géant du smartphone absent des États-Unis malgré son poids mondial.
- La marque n’est pas interdite, mais son modèle économique peine face au marché américain.
- Xiaomi se développe ailleurs, notamment dans les voitures électriques.
Xiaomi est le troisième vendeur mondial de smartphones, avec un peu moins de 10% du marché. Et pourtant, aux États-Unis, ses téléphones restent presque absents. L’explication tient moins à une interdiction qu’à un mélange de politique, de stratégie et de contraintes commerciales.
Un géant mondial, presque introuvable sur le marché américain
Pour un consommateur américain, le choix se limite souvent à Apple, Samsung, Google ou Motorola. Ailleurs, le paysage est beaucoup plus large, avec Oppo, RealMe, Honor, Huawei et Xiaomi.
C’est là que le décalage saute aux yeux. La marque chinoise fait partie des poids lourds du secteur, mais elle n’a jamais vraiment percé sur le territoire américain. Beaucoup imaginent donc une interdiction pure et simple. En réalité, ce n’est pas ce qui bloque aujourd’hui.
Oui, il y a eu un blacklistage, mais il a duré très peu
En janvier 2021, sous l’administration Donald Trump, Xiaomi a bien été ajoutée à une liste noire américaine. Le gouvernement lui reprochait de supposés liens avec l’armée chinoise. Les investisseurs américains n’avaient alors plus le droit d’échanger des titres de l’entreprise et devaient céder leurs participations.
Mais l’épisode a été bref. Deux semaines plus tard, Xiaomi a saisi la justice. Puis, le 25 mai 2021, le gouvernement américain a accepté de lever la mesure. Autrement dit, la marque n’est plus bannie, et rien n’interdit techniquement la vente de ses appareils dans le pays.
Le vrai blocage, c’est surtout le modèle économique américain
Le problème est ailleurs. Xiaomi a longtemps bâti sa réussite sur des marges très faibles, autour de 5%, avec des fiches techniques solides et des prix serrés. Or, le marché américain coûte cher à attaquer.
Il faut composer avec des opérateurs télécoms incontournables, investir lourdement et affronter le duopole Apple–Samsung. Pour une marque qui a grandi dans des marchés en développement, l’équation n’a rien d’évident. Et il reste un risque politique, après un premier précédent en 2021. Pas idéal pour miser gros.
On peut importer un téléphone, mais la marque vend autre chose sur place
Aux États-Unis, il est possible d’acheter un smartphone Xiaomi, mais surtout via l’importation. En boutique ou sur les canaux plus classiques, la marque met plutôt en avant d’autres produits.
On trouve ainsi des purificateurs d’air, des chargeurs, des accessoires de bureau ou encore des tournevis sans fil. Bref, la marque existe, mais pas là où on l’attend le plus.
Pendant ce temps, Xiaomi avance ailleurs, jusque dans l’automobile
Pendant que le marché américain reste à distance, Xiaomi accélère surtout en Chine. La société s’est aussi lancée dans les voitures électriques et a déjà présenté plusieurs modèles.
Sa berline SU7 est présentée comme capable de rivaliser avec une Porsche. Le modèle 2026 est annoncé à un peu moins de 32.000 dollars. Mais là encore, sans homologation pour les routes américaines, il faudra regarder de loin. Même punition pour la combo voiture plus smartphone.