Pourquoi la règle des trois 30 inquiète déjà les pompiers du Sud

Face aux incendies qui frappent le sud de la France, les pompiers surveillent la règle des trois 30. Un repère simple, mais décisif, pour mesurer le danger.

Panneau incendie sur chemin du Sud
Image d'illustration. Le Sud fait face au risque d’incendie. — ADN

En bref

  • 8700 hectares déjà brûlés cette saison
  • Six départements en vigilance rouge
  • La règle des trois 30 guide l’alerte

Le sud de la France est déjà entré dans une phase de vigilance maximale sur plusieurs secteurs. Depuis le début de la saison, 8700 hectares ont brûlé, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu jeudi 2 juillet à Marseille. Et les pompiers continuent, samedi 4 juillet, de suivre de très près un indicateur bien connu sur le terrain, la règle des trois 30.

Une saison déjà lourde dans le sud

Des incendies ont touché des zones très différentes ces derniers jours, avec des hectares partis en fumée près de Toulouse, un camping ravagé à Canet-en-Roussillon et un feu violent près de Marseille. Le point commun, c’est une saison qui démarre fort, et tôt.

Ce samedi, six départements du sud-est sont placés en vigilance rouge pour feux de forêt. Sont concernés l’Aude, le Gard, l’Hérault, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et les Pyrénées-Orientales. Quatorze autres départements sont en alerte orange, un niveau jugé élevé.

Trois seuils simples, un risque qui grimpe vite

Cette règle des trois 30 repose sur trois données météo. Un vent au-delà de 30 km/h, une température supérieure à 30 °C, et une humidité de l’air sous les 30 %.

Pour Bruno Ménard, secrétaire général du Syndicat des Sapeurs Pompiers Volontaires de France, ces seuils servent d’alerte progressive. Il résume ainsi la logique: « Quand le troisième est activé, c’est vigilance maximale. »

Le mécanisme est simple. Plus le vent souffle, plus les flammes avancent vite. Plus l’air chauffe, plus un départ de feu peut naître et s’emballer rapidement. Et quand l’humidité chute, la végétation sèche favorise la propagation. Cette grille vaut pour tous les feux, pas seulement les grands incendies de forêt.

Des renforts et une doctrine qui évoluent

Concrètement, cette règle aide les secours à anticiper et à ajuster leurs moyens. Renforts de pompiers, mobilisation de bombardiers d’eau, surveillance accrue, tout se joue parfois très tôt. Dans les Pyrénées-Orientales, 40 pompiers roumains ont déjà été prépositionnés dans le cadre du plan de solidarité européenne.

Autre constat, les gros feux arrivent désormais plus tôt dans l’été. Bruno Ménard note que 2026 ressemble sur ce point à 2025, avec des incendies précoces et déjà très importants. Il relie cette évolution à un climat plus chaud d’année en année, qui oblige les services de secours à adapter leur doctrine.

Cette adaptation passe aussi par de nouveaux outils. Depuis l’été 2025, la brigade de sécurité civile n° 4, créée en 2024, peut être déployée chaque année sur les gros incendies. À Libourne, en juin 2025, l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau la présentait comme une force d’action rapide capable d’appuyer les services d’incendie en France comme à l’étranger.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

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