En bref
- Polymarket conteste son blocage en France
- L’ANJ vise une activité jugée illégale
- Le site reste contournable techniquement
Polymarket a annoncé vendredi avoir saisi la justice française pour contester le blocage de son site en France, décidé un mois plus tôt par l’Autorité nationale des jeux, l’ANJ.
Une action en justice pour contester le blocage
La plateforme américaine de paris sur l’actualité affirme avoir engagé les voies juridiques appropriées pour remettre en cause la décision du régulateur. Elle ne précise pas, à ce stade, la forme exacte de ce recours.
Le point de départ du dossier remonte à novembre 2024. À ce moment-là, Polymarket avait géobloqué la possibilité de parier depuis le territoire français, après une première mise en demeure de l’ANJ. Mais la consultation du site était restée possible.
Pourquoi l’ANJ a durci sa position
C’est ce maintien d’accès qui a conduit l’ANJ à aller plus loin. Le régulateur considère que laisser le site visible peut s’apparenter à de la publicité pour une activité non autorisée en France, ce qui relève, selon lui, d’un délit pénal passible de 100 000 euros d’amende.
Le 17 juillet, l’autorité a donc annoncé un blocage administratif. Elle s’appuie aussi sur la progression de l’audience du site. En juin, Polymarket a enregistré 578 751 visites et 205 057 visiteurs uniques, des chiffres présentés comme étant en hausse continue.
Sur la plateforme, on peut miser en temps réel sur des sujets très variés, du bitcoin à la politique, en passant par la météo ou le sport.
Un site bloqué, mais pas totalement inaccessible
Depuis la décision du 17 juillet, les fournisseurs d’accès à Internet français doivent empêcher l’accès à Polymarket. Sur le papier, la mesure est nette.
Dans les faits, elle reste contournable. Un changement de serveur DNS peut suffire pour accéder au site. Et l’interdiction de parier depuis un territoire peut aussi être évitée avec un VPN. Bref, le blocage existe, mais il n’est pas hermétique.
L’affaire de la sonde météo complique encore le dossier
L’ANJ a aussi rappelé un épisode plus sensible. En avril, une sonde de Météo-France à Roissy aurait été manipulée, ce qui aurait permis à des internautes de gagner de l’argent sur Polymarket en misant sur les températures.
Une enquête de la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris a été ouverte en mai. Ce point ne règle pas la question juridique du blocage, mais il alourdit clairement le contexte.
Des échanges jugés constructifs, mais pas de réponse officielle
Dans sa communication, Polymarket dit rester en désaccord avec la décision du régulateur. La société ajoute que la France montre, selon elle, un engagement fort en faveur de l’innovation financière et technologique, et que ses échanges récents avec les autorités françaises ont été constructifs et encourageants.
Vendredi en fin de matinée, ni l’ANJ ni le tribunal administratif de Paris n’avaient répondu aux sollicitations. La suite se jouera donc, pour l’instant, sur le terrain judiciaire.