En bref
- Le gazole d’été reste vendu jusqu’au 15 novembre
- Objectif, limiter les pénuries dans les stations
- Risque accru de gel dans les zones froides
En France, le gouvernement autorise exceptionnellement les distributeurs à vendre du gazole d’été jusqu’au 15 novembre 2026. L’arrêté a été publié mardi 22 septembre au Journal officiel, alors que les tensions sur l’approvisionnement persistent.
L’enjeu est simple. Lundi 21 septembre, environ 17% des stations-service du pays manquaient d’au moins un carburant. Dans le même temps, les prix restaient très hauts, autour de 2,41 euros le litre pour le gazole en moyenne, contre 2,28 euros pour le SP98 et 2,22 euros pour le SP95.
Des ruptures qui poussent l’exécutif à agir vite
Cette dérogation est présentée comme une réponse directe aux difficultés d’approvisionnement liées à la situation au Moyen-Orient. Le gazole d’été est jugé moins contraignant à produire, ce qui permet de garder plus longtemps ce carburant sur le marché et de limiter les ruptures.
Bon, la mesure reste temporaire. Elle vise surtout à éviter que la bascule vers le carburant d’hiver n’aggrave la situation dans les prochains jours.
Ce que change vraiment la dérogation jusqu’au 15 novembre
En temps normal, les distributeurs doivent vendre à partir du 1er novembre un gazole d’hiver, conçu pour mieux résister aux basses températures. Cette année, cette obligation est repoussée de deux semaines.
Techniquement, le texte autorise après le 1er novembre la commercialisation d’un gazole dont la température limite de filtrabilité peut aller jusqu’à 0°C maximum, au lieu de -15°C maximum. En clair, le carburant supporte moins bien le froid.
Un carburant plus simple à produire, mais moins armé contre le froid
C’est le point sensible. Sans les additifs spécifiques du diesel d’hiver, les faibles températures favorisent la condensation et la formation de dépôts dans les injecteurs, explique Total.
Résultat ? Le véhicule peut avoir du mal à démarrer, voire ne pas démarrer du tout. Le risque concerne surtout les zones exposées au gel précoce, notamment les régions de montagne.
Des distributeurs responsables et une pression politique intacte
Les distributeurs devront informer leurs clients des risques liés à l’utilisation de ce carburant lorsque la température peut descendre sous 0°C. Le texte précise aussi qu’ils assumeront l’entière responsabilité des problèmes éventuels.
Mais la décision ne règle pas tout. Elle intervient alors que la flambée des prix des carburants alimente la grogne sociale et s’invite dans la campagne présidentielle. L’exécutif doit d’ailleurs présenter ce mardi de nouvelles aides pour les Français les plus touchés.