Après 27 ans, une directrice licenciée pour des produits périmés

En Italie, une directrice de supermarché a été licenciée après la découverte de 340 produits périmés. La justice y a vu une fraude liée à une prime.

Scène nocturne supermarché animée
Image d'illustration. Scène nocturne supermarché — ADN

En bref

  • 340 produits périmés retrouvés dans un supermarché italien
  • La justice évoque une stratégie liée à une prime
  • Ses 27 ans d’ancienneté ont aggravé son cas

Dans les métiers où l’on gère un magasin, la question n’est pas seulement celle du stock. C’est aussi celle de la confiance. En Italie, une directrice de supermarché a été licenciée malgré 27 ans d’ancienneté, après la découverte de 340 produits périmés dans son établissement.

Une gestion des stocks qui a fini devant les juges

L’affaire remonte au 14 avril 2023, date à laquelle l’employée a reçu sa lettre de licenciement. Une inspection avait mis au jour de lourdes irrégularités dans la gestion des marchandises.

Une partie des produits concernés avait bien été retirée des rayons. Mais ils n’avaient pas été éliminés selon la procédure interne. À la place, ils avaient été entreposés, tout en restant comptabilisés dans l’inventaire. Certains étaient périmés depuis près d’un an.

Pourquoi la justice a retenu l’idée d’une manœuvre

Ce point a fait basculer le dossier. Pour les juges, il ne s’agissait pas d’un simple oubli. Le média Open, qui a révélé l’affaire, rapporte que la Cour d’appel de Venise a considéré comme hautement probable que l’élimination de ces produits avait été volontairement retardée.

L’enjeu, selon la justice, était budgétaire. En maintenant artificiellement le niveau des stocks, la directrice augmentait ses chances d’atteindre ses objectifs de performance. Et donc de débloquer une prime.

L’ancienneté, loin d’aider, a aggravé son cas

On pourrait penser que 27 ans de service pèsent dans la balance. Ici, c’est l’inverse. L’employée, qui avait passé 20 ans à la tête du magasin, a vu son expérience retenue contre elle.

Devant les tribunaux, elle a aussi soutenu que son licenciement était lié à sa situation de mère de deux enfants en situation de handicap. Cet argument n’a pas été retenu, la justice n’ayant relevé aucun élément probant en ce sens.

Dans son arrêt n° 25231/2026, la Cour de cassation italienne a estimé qu’une responsable aussi expérimentée ne pouvait ignorer les règles élémentaires de suivi des dates de péremption. Son manquement répété aux procédures internes a donc été jugé d’autant plus grave.

Une confiance jugée définitivement rompue

La décision finale tient en une idée simple. Les faits suffisaient, à eux seuls, à caractériser une faute grave. Même sans s’appuyer sur d’anciens antécédents disciplinaires liés à des irrégularités de caisse, les magistrats ont estimé que la gestion de ces 340 articles avait provoqué une rupture irrémédiable du lien de confiance avec l’employeur.

Et c’est sans doute le point le plus important de cette affaire. À un poste de direction, la longévité ne protège pas forcément. Elle peut, quand les règles les plus basiques ne sont plus respectées, devenir un élément aggravant.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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