En bref
- Pension moyenne de 1 085 euros en 2023
- Base classique, complémentaire des indépendants par points
- Épargne et patrimoine complètent souvent la pension
Avec 1 085 euros par mois en moyenne en 2023, la retraite des travailleurs non salariés donne tout de suite le ton. Pour les indépendants, la fin de carrière ne se joue pas au dernier moment. Elle se prépare bien avant, parce que la baisse des revenus professionnels est mécanique une fois l’activité arrêtée.
Chez les artisans, commerçants et professions libérales affiliés à la Sécurité sociale des indépendants, le cadre n’est pas totalement à part. Il reprend une logique connue pour la retraite de base, mais s’en écarte sur la partie complémentaire. C’est ce mélange qui structure l’ensemble.
Une pension qui oblige à regarder loin devant
Pour un professionnel à son compte, la retraite est d’abord un sujet de niveau de vie. Le principe est simple: sans anticipation, l’écart entre les revenus d’activité et la pension peut être brutal. La préparation passe donc par un suivi régulier des cotisations et, souvent, par des placements pensés assez tôt.
L’idée n’est pas seulement d’atteindre l’âge de départ. Il faut aussi tenir dans la durée, avec une sécurité financière plus stable.
Deux étages pour comprendre le calcul
Le régime repose sur deux piliers. D’un côté, la retraite de base suit des règles alignées sur celles du régime général des salariés. En clair, son mode de calcul reste proche de celui que connaissent les salariés.
De l’autre, la retraite complémentaire des indépendants fonctionne avec un système par points, avec des taux de cotisation qui lui sont propres. En 2024, cette retraite des indépendants a d’ailleurs été revalorisée, ce qui a apporté un léger gain de pouvoir d’achat.
Des écarts marqués selon les parcours
Sur le papier, le cadre existe. Dans les faits, les pensions varient beaucoup. Le secteur d’activité compte, la durée de carrière aussi, tout comme la régularité des revenus au fil des années.
Autre point important, les femmes touchent en moyenne des pensions plus faibles, avec des parcours professionnels souvent plus discontinus. Et la question ne s’arrête pas à la seule pension: garder une bonne couverture santé reste essentiel pour absorber les dépenses médicales à la retraite.
PER, assurance vie, immobilier: les leviers en plus
C’est là qu’intervient l’épargne. Le Plan d’épargne retraite, créé par la loi Pacte en 2019, permet de se constituer un capital à son rythme. CNP Assurances rappelle que les versements volontaires peuvent être déduits du bénéfice imposable dans les limites prévues par la réglementation. Les sommes restent bloquées jusqu’à la retraite, sauf cas prévus par la loi, comme l’achat de la résidence principale ou certains accidents de la vie.
L’assurance vie joue une autre partition. Plus souple, elle permet des rachats à tout moment et ouvre, après huit ans, à une fiscalité allégée sur les produits imposables. L’Assurance retraite précise aussi que les indépendants peuvent accéder à la retraite progressive.
Enfin, la résidence principale, l’investissement locatif ou des placements plus prudents à l’approche du départ servent à diversifier les ressources. Ce que montre ce modèle, en creux, c’est qu’une retraite d’indépendant se calcule en partie par les règles, mais se sécurise surtout par la stratégie mise autour.