En bref
- Pas de pénurie de gaz redoutée en France
- Les prix continuent de grimper avant l’hiver
- L’électricité subit aussi la hausse du gaz
L’hiver devrait se passer sans rupture de gaz en France. C’est le point rassurant. Le problème, lui, est ailleurs, dans une facture qui va encore monter sous l’effet des tensions en Ukraine et au Moyen-Orient.
Des stocks jugés suffisants pour passer la saison froide
Côté approvisionnement, le gouvernement assure préparer l’hiver à l’échelle de toute la saison. Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, a expliqué sur LCI que les stocks étaient sécurisés pour éviter tout risque sur l’approvisionnement.
Le niveau de stockage en France devrait atteindre les 85 % exigés par l’Union européenne à peu près au début de l’hiver, selon Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’énergie. Le vrai point de tension se jouera ensuite pendant les semaines les plus froides, surtout en janvier et en février si les températures chutent fortement.
La vraie mauvaise nouvelle, c’est la facture
Le prix de référence du gaz augmentera de 6,3 % au 1er octobre, après une première hausse de 5,6 % en août. Et la hausse se verra surtout quand les chauffages au gaz repartiront.
Depuis le 1er janvier, le prix du gaz a déjà progressé d’environ 30 %, a rappelé Emmanuelle Wargon. Si les cours restent à leur niveau actuel jusqu’à la fin de l’année, la facture moyenne de 2026 pourrait dépasser celle de 2025 d’environ 120 euros par an.
Pour amortir le choc, Maud Bregeon a indiqué que la reconduction en 2027 du chèque énergie pour 4,2 millions de ménages modestes permettrait d’alléger la note, avec une aide comprise entre 150 et 270 euros.
Pourquoi les cours restent sous ceux de 2022
La hausse actuelle n’a quand même pas l’ampleur de 2022. À l’époque, l’arrêt des importations de gaz russe et les difficultés du parc nucléaire français, touché par la crise de corrosion sous contrainte, avaient propulsé les prix beaucoup plus haut.
Selon Laurent Néry, chargé des analyses de marché chez Engie, le gaz tourne en septembre autour de 75 euros le mégawattheure. En septembre 2022, on dépassait 180 euros. Il souligne aussi que la montée des renouvelables aide à contenir l’impact sur les prix de l’électricité. Autre différence, les volumes de GNL devraient nettement augmenter dans les prochaines années.
Le gaz tire aussi le prix de l’électricité
En Europe, le gaz plus cher finit par pousser l’électricité vers le haut, une partie de la production venant des centrales à gaz. En France, cela s’est vu cet été sur les marchés à terme, d’après RTE.
Mais le gestionnaire du réseau souligne aussi que le prix français reste très inférieur à celui des pays voisins, avec un écart d’environ 40 euros par MWh avec l’Allemagne. Pour Thomas Veyrenc, de RTE, la situation reste maîtrisée pour l’hiver grâce à une meilleure disponibilité du nucléaire, à davantage de production renouvelable et au parc gaz. Ce qui va compter maintenant, c’est surtout la météo du début de saison.