Prix du gaz en hausse dès mai, mais l’hiver inquiète déjà un peu plus

La facture de gaz devrait monter à partir de mai pour les contrats liés aux cours mondiaux. L’impact resterait limité au printemps, moins pour l’hiver.

Une gazinière ou également appelée cuisinière gaz
Image d'illustration. Une gazinière ou également appelée cuisinière gaz — ADN

En bref

  • Le gaz devrait augmenter dès le mois de mai
  • L’effet reste limité hors saison de chauffage
  • L’électricité conserve pour l’instant une trajectoire plus stable

Le calendrier se précise. Pour une partie des foyers en France, la hausse du gaz devrait apparaître sur la facture à partir de mai, avec un effet jugé contenu tant que la période de chauffage est derrière nous.

Dès mai, une hausse bien réelle sur les factures

La présidente de la Commission de régulation de l’énergie, Emmanuelle Wargon, a confirmé sur RMC qu’une augmentation était attendue dans les prochains mois. Elle concerne les consommateurs dont le contrat suit les cours mondiaux du gaz.

À l’origine, les tensions au Moyen-Orient, qui entretiennent l’incertitude sur les marchés. La répercussion n’est donc pas théorique, elle doit arriver. Mais Emmanuelle Wargon a aussi insisté sur le fait qu’elle ne serait « pas gigantesque ».

Pourquoi le choc resterait modéré pour l’instant

Ce point compte, parce que le printemps change tout. Quand la consommation baisse, la même hausse de prix pèse moins lourd sur la facture finale.

Emmanuelle Wargon a rappelé que, pour un logement chauffé au gaz, les deux tiers de la facture sont liés au chauffage. En clair, même avec une augmentation évoquée autour de 15 %, l’impact reste plus limité hors pic d’usage domestique. Pas de quoi effacer la hausse, mais assez pour la rendre moins brutale à cette période.

Le vrai point de vigilance se déplace vers l’hiver

L’alerte, elle, regarde déjà plus loin. Si les tensions internationales durent, et si les prix élevés s’installent sur plusieurs mois, l’effet cumulé pourrait devenir bien plus sensible au retour du froid.

Emmanuelle Wargon l’a résumé en une phrase, « Il vaut mieux que cela s’arrange avant le retour de l’hiver ». C’est là que se situe le vrai risque, bien davantage qu’au printemps, quand la demande des ménages reste basse.

L’électricité, elle, ne suit pas forcément le gaz

Autre élément de contexte, plus rassurant cette fois. La hausse du gaz ne doit pas automatiquement provoquer une envolée du prix de l’électricité, contrairement à ce qui avait marqué la crise née après la guerre en Ukraine en 2022.

Selon Emmanuelle Wargon, la France utilise le gaz pour produire son électricité surtout quand les autres moyens ne suffisent pas. Or, avec un parc nucléaire annoncé comme pleinement opérationnel chez EDF et une place importante des énergies renouvelables, la situation électrique reste pour l’instant plus stable.

Vos questions, nos réponses

Qui sera touché par cette hausse en mai ?

Les foyers concernés sont ceux dont le contrat de gaz dépend des prix internationaux. Tous les abonnés ne subissent donc pas mécaniquement la même évolution au même moment, puisque cela dépend de la manière dont leur offre est indexée.

Pourquoi parle-t-on d’une hausse modérée malgré un chiffre autour de 15 % ?

Parce que le pourcentage ne s’applique pas à la période de plus forte consommation. Au printemps, les besoins de chauffage reculent nettement. Comme le chauffage représente une grande part de la facture, l’effet concret sur le montant total reste plus limité qu’en hiver.

Le prix de l’électricité peut-il quand même bouger ?

Oui, mais le lien n’est pas automatique. Le gaz n’influence fortement l’électricité que lorsqu’il faut y recourir davantage pour produire. Avec le nucléaire et les renouvelables en appui, la dépendance est aujourd’hui moins directe selon la présidente de la Commission de régulation de l’énergie.

Pourquoi l’hiver prochain est-il déjà au centre de l’attention ?

Parce qu’une hausse courte au printemps n’a pas le même poids qu’une tension durable sur toute l’année. Si les cours restent élevés jusqu’à la saison froide, la consommation remontera au moment où le gaz coûte plus cher. C’est cette combinaison qui pourrait alourdir beaucoup plus franchement les factures.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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