Pensions de réversion : ce qui change après plusieurs mariages

Avoir été marié plusieurs fois n’empêche pas toujours de toucher plusieurs réversions. Tout dépend du régime de retraite et du remariage.

Deux alliances posées sur une table en bois patiné, réminiscence d'un passé commun.
Image d'illustration. Bagues de mariage sur table en bois — ADN

En bref

  • Le privé autorise parfois plusieurs réversions
  • La fonction publique interdit ce cumul
  • Le remariage peut supprimer certains droits

Peut-on toucher plusieurs pensions de réversion après avoir été marié plusieurs fois ? Oui, dans certains cas. Mais tout dépend du régime de retraite concerné, et c’est là que les choses se compliquent.

Le sujet compte, parce que la réversion n’est pas un simple complément. Pour beaucoup de foyers, elle sert à maintenir un niveau de vie après le décès d’un conjoint ou d’un ex-époux. Et quand le parcours marital comporte plusieurs unions, les règles ne se superposent pas automatiquement.

Le cumul existe, mais pas partout

Dans le régime général, donc pour une grande partie des salariés du privé, le principe reste assez ouvert. Une personne qui a eu plusieurs époux peut, en théorie, percevoir plusieurs réversions liées à des carrières différentes. Ce cumul reste quand même soumis aux plafonds annuels de ressources fixés par la Sécurité sociale.

Changement d’ambiance dans la fonction publique. D’après le Service des Retraites de l’État, si les anciens conjoints relevaient de l’État ou d’une caisse assimilée comme la CNRACL, le cumul est interdit. Le bénéficiaire doit alors choisir une seule allocation, et ce droit d’option est définitif.

Le montant n’arrive pas forcément en entier

Autre point souvent mal compris, la réversion d’un assuré décédé ne revient pas automatiquement au seul dernier conjoint. Si la personne décédée a été mariée plusieurs fois, la caisse partage le montant global entre le conjoint survivant et les anciens conjoints encore en vie.

Le calcul se fait au prorata de la durée de chaque mariage, en nombre de mois validés. En gros, plus l’union a duré, plus la part potentielle est élevée. Résultat, le montant final peut être très différent de ce qu’on imaginait.

Âge, ressources, remariage : les filtres décisifs

Pour la réversion du régime de base, le Service Public rappelle qu’il faut avoir au moins 55 ans. Il faut aussi respecter un seuil de ressources personnelles. En revanche, dans le privé, le remariage n’empêche pas à lui seul de demander cette prestation.

Mais les régimes complémentaires appliquent une logique plus dure. Du côté de l’Agirc-Arrco, aucune condition de ressources n’est demandée, mais un remariage met fin de façon immédiate et irréversible aux droits à réversion de l’ex-conjoint.

Sans mariage civil, il n’y a pas de réversion

Sur ce point, toutes les caisses se rejoignent. Il faut un mariage civil. Ni le concubinage, même long, ni le Pacs n’ouvrent droit à la réversion en France.

C’est sans doute la règle la plus simple du dossier, et aussi la plus nette. À moyen terme, elle rappelle surtout une chose : pour estimer ses revenus à la retraite ou après un décès, il ne suffit pas de regarder les montants, il faut d’abord regarder le régime et l’histoire matrimoniale.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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