En bref
- Le nombre de DAB baisse encore en 2025
- L’accès aux espèces reste jugé très bon
- Les banques misent sur des réseaux mutualisés
Près de 100 milliards d’euros ont encore été retirés aux distributeurs en France en 2025. C’est le paradoxe du moment, l’usage des espèces recule dans la vie quotidienne, mais le besoin de cash reste assez fort pour que leur accès reste un sujet très surveillé.
Le rapport annuel du Comité national des moyens de paiements, présidé par la Banque de France, montre pourtant un réseau plus resserré. Au 31 décembre 2025, le pays comptait 40.804 distributeurs automatiques de billets, contre 42.573 un an plus tôt, soit une baisse de 4,2 %.
Un réseau plus petit, mais encore très proche
Ce qui compte pour l’usager, au fond, c’est la distance. Et sur ce point, le maillage tient encore : 98,6 % de la population vit à moins de quinze minutes en voiture d’un distributeur.
Les automates sont installés sur 28.660 sites répartis dans environ 6.500 communes. À côté de ce réseau, 30.057 commerces proposent aussi un service de retrait d’espèces pour les clients de banques partenaires. Ce n’est pas l’équivalent parfait d’un DAB, l’accès y est plus limité, mais cela complète le dispositif.
Pourquoi les banques retirent des automates
La tendance ne date pas d’hier. Depuis 2018, le nombre de DAB a reculé de 22,5 %, passant de 52.697 à 40.804.
Pour le Comité national des moyens de paiements, les banques poursuivent un ajustement de leur parc afin de mieux contenir les coûts liés à la gestion des espèces. C’est, en gros, le cœur du dossier : moins d’usage au quotidien, des frais fixes élevés, donc un réseau redimensionné pour durer.
La mutualisation devient la réponse du secteur
Une autre bascule se confirme, celle de la mutualisation. Plutôt que de maintenir chacune son propre maillage, les banques mettent davantage en commun leurs automates.
Cash Services avance sur ce terrain, pendant que Loomis, Brink’s et Euronet exploitent désormais 1.809 DAB en France. Le président de Cash Services, Olivier Fournier, résume l’équation avec une formule très directe : « S’il n’y a pas de mise en commun, chaque banque se retrouve isolée face à la baisse d’activité, significative, et la hausse des coûts, significative aussi ».
Des espèces encore vues comme un filet de sécurité
Du côté des autorités, le message reste net. Le ministère de l’Économie et la Banque de France disent suivre de près la préservation de l’accès aux espèces pour tous les citoyens. Ils rappellent aussi que le cash garde une fonction résiliente et inclusive dans les paiements.
Le directeur des études et de la surveillance des paiements de la Banque de France, Alexandre Stervinou, estime qu’on reste à « un excellent niveau » d’accessibilité. Plus tôt, le président de la Fédération bancaire française, Daniel Baal, affirmait de son côté : « Il n’y a aucun problème d’accès aux espèces en France ». Le vrai enjeu, maintenant, ce n’est donc pas la disparition du cash, mais la façon dont son accès va continuer à s’organiser.