Chauffage et gaz, pourquoi la note risque encore de grimper

Le gaz repart à la hausse depuis le 1er novembre et six millions de foyers peuvent être touchés. Changer d’équipement reste coûteux pour beaucoup.

Energie chauffage electricite
Image d'illustration. Energie chauffage electricite — ADN

En bref

  • Le gaz augmente depuis le 1er novembre
  • Six millions de foyers peuvent être touchés
  • Quelques réglages peuvent alléger la facture

En France, le sujet dépasse largement une simple ligne de facture. Le gaz reste le mode de chauffage principal de 35 % des résidences principales. Quand son prix remonte à l’entrée de l’hiver, c’est donc une part massive des ménages qui se retrouve sous pression.

Un tiers des logements encore dépendants du gaz

Ce poids du gaz dans les logements explique pourquoi la hausse actuelle compte autant. BFMTV rappelait le 2 novembre qu’environ un logement sur trois utilise encore cette énergie pour se chauffer. Et pour les ménages déjà équipés, basculer vers une autre solution ne se fait pas d’un claquement de doigts.

Une hausse déjà visible sur les contrats indexés

Depuis le 1er novembre 2026, le prix repère du gaz augmente de 6,6 % en moyenne, d’après la Commission de régulation de l’énergie. Les premiers concernés sont les foyers ayant un contrat indexé sur ce repère.

Concrètement, la hausse représente autour de 12 euros de plus sur la facture du mois. Près de six millions de foyers pourraient être touchés. Pour les logements chauffés au gaz, le prix du kilowattheure passe à environ 0,1576 euro TTC en novembre, contre 0,1456 euro en octobre, soit une progression de 8,3 %.

Pourquoi l’hiver reste une période sous tension

La hausse ne sort pas de nulle part. Elle suit la progression des cours du gaz sur les marchés de gros en septembre, les fournisseurs achetant leur énergie à l’avance avant d’en répercuter une partie dans leurs offres.

Au 30 octobre, les contrats de gaz pour livraison en décembre 2026 et janvier 2027 atteignaient respectivement 102 et 103 euros par mégawattheure. Ce ne sont pas les tarifs payés directement par les particuliers, mais c’est un signal. Si le froid s’installe et que la demande grimpe, la pression peut durer dans les prochains mois.

Changer de chauffage, une équation loin d’être simple

Sur le papier, l’alternative électrique peut sembler évidente. Dans la réalité, le coût d’entrée bloque pas mal de ménages. Selon le ministère de l’Économie, une pompe à chaleur air-eau coûte entre 7 500 et 16 000 euros, installation comprise. Une chaudière à gaz classique reste généralement moins chère à l’achat.

Le ministère de la Transition écologique estime pourtant qu’un remplacement par une pompe à chaleur peut faire baisser la facture d’environ 450 euros par an. Mais tout dépend du logement, de l’isolation et de la qualité de pose. Des aides comme MaPrimeRénov’ ou les certificats d’économies d’énergie peuvent réduire le reste à charge.

Les gestes immédiats pour limiter la facture

Sans changer d’équipement tout de suite, il reste quelques marges de manœuvre. Programmer le chauffage selon les heures de présence, ne pas chauffer les pièces inoccupées et corriger les pertes thermiques peuvent déjà peser sur la note.

L’ADEME rappelle qu’abaisser la température d’un degré permet d’économiser environ 7 % de l’énergie consacrée au chauffage. Dit autrement, l’hiver qui arrive ne se jouera pas seulement sur les tarifs, mais aussi sur la capacité des ménages à ajuster vite leur consommation.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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