Permis de conduire : pourquoi les auto-écoles vont coûter plus cher

La hausse des carburants fragilise les auto-écoles, déjà peu rentables. Le permis pourrait grimper de 150 à 200 euros, avec un effet direct pour les jeunes.

Auto moto ecole
Image d'illustration. Auto moto ecole — ADN

En bref

  • Le permis pourrait augmenter de 150 à 200 euros
  • Les auto-écoles subissent la flambée du carburant
  • L’électrique reste difficile à généraliser

Le prochain choc, pour beaucoup de candidats au permis, pourrait arriver au moment de payer. Sous l’effet de la hausse des carburants, les auto-écoles préviennent que le coût de la formation va monter, avec une augmentation estimée entre 150 et 200 euros sur un forfait aujourd’hui autour de 1.600 euros.

Le permis, prochaine facture qui risque de grimper

Ce renchérissement tombe mal. D’après le baromètre Wimoov publié en septembre, 36 % des 18-24 ans n’ont pas le permis, d’abord pour des raisons de coût. Si le tarif grimpe encore, la marche devient plus haute pour un public déjà fragilisé par un pouvoir d’achat serré.

Le président de l’ECF, Patrick Mirouse, anticipe justement cette hausse du forfait. Et derrière cette projection, il y a une mécanique assez simple, les écoles de conduite ne parviennent plus à absorber seules le surcoût à la pompe.

Des marges déjà faibles, un carburant qui fait sauter l’équilibre

Le secteur compte environ 11.000 écoles de conduite en France. Avec des véhicules qui roulent entre 45.000 et 60.000 kilomètres par an, la dépense en essence n’est pas un détail. Selon Vincent Rageul, président régional de l’Ecole de conduite française à Rennes, la facture a progressé de 30 à 40 % depuis le début de la crise.

Chez Republik, aussi à Rennes, le co-gérant Morgan Poriel chiffre la hausse à 10.000 euros sur les neuf derniers mois pour le seul budget carburant. L’établissement a déjà relevé son tarif horaire de 52 à 55 euros.

Le problème, c’est que les marges étaient déjà minces. Lorenzo Lefebvre, président de la branche éducation et sécurité routière du syndicat Mobilians, les situe entre 2 et 4 euros par cours de conduite. Avec un carburant plus cher, cet équilibre devient franchement précaire.

Simulateurs, écoconduite, hausse des heures: des réponses limitées

Les professionnels essaient quand même d’amortir le choc. L’écoconduite permet de limiter la consommation, les simulateurs prennent une place plus grande, et certaines écoles revoient leurs tarifs. Mais ces ajustements ne suffisent pas toujours.

Pour Morgan Poriel, l’augmentation est devenue inévitable. Et le secteur redoute un cercle assez classique, des prix plus élevés, donc potentiellement moins d’élèves.

L’électrique séduit sur le papier, moins dans la réalité

À moyen terme, l’ECF pousse une autre piste, l’électrification des flottes, avec des aides ponctuelles de l’Etat pour accompagner la transition. L’idée est claire, réduire la dépendance aux énergies fossiles.

L’école de conduite ADav a pris ce virage. Son gérant, Dave Abissoina, a installé une borne de recharge il y a 18 mois. Il explique qu’un plein d’électricité pour 320 km lui revient entre 5 et 9 euros, contre 80 euros pour un plein de thermique offrant 600 km d’autonomie.

Mais sur le terrain, tout le monde ne peut pas suivre. En centre-ville, le manque de bornes complique l’organisation. Et la demande pour le permis en boîte manuelle reste majoritaire. Résultat, la transition existe, mais elle avance moins vite que la facture, elle, qui grimpe déjà.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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