En bref
- L’Allemagne vise 1,3 % de croissance en 2026
- La France n’attend plus que 0,5 %
- Berlin reste exposée à l’énergie et aux conflits
Pendant que Paris a encore réduit sa copie, Berlin fait l’inverse. Le gouvernement allemand a relevé sa prévision de croissance pour 2026 à 1,3 %, soit 0,8 point de plus que son estimation du printemps. En face, le gouvernement français ne table plus que sur 0,5 % cette année, après une troisième révision à la baisse annoncée à la mi-septembre.
Un écart qui se creuse entre Berlin et Paris
Le contraste est net. En France, le ministre de l’Economie Roland Lescure avait reconnu que les estimations de croissance pour cette année avaient été divisées par deux. En Allemagne, la ministre de l’Economie Katherina Reiche a au contraire salué une amélioration, estimant que « le creux de la vague est derrière nous », tout en rappelant qu’il fallait encore transformer ce redémarrage en dynamique plus solide.
Pourquoi l’économie allemande résiste mieux que prévu
Cette révision ne repose pas sur un seul levier. Malgré le choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient, les exportations allemandes ont affiché une performance jugée exceptionnelle au deuxième trimestre. Elles auraient représenté environ un quart de la croissance cette année.
Dans le détail, des clients étrangers ont reconstitué leurs stocks par anticipation, face aux pénuries mondiales, sur des produits très gourmands en énergie. Katherina Reiche a cité notamment l’acier, les engrais et l’aluminium. Le reste tient surtout à des facteurs plus ponctuels, avec la hausse des investissements publics dans la défense et les infrastructures, ainsi qu’un calendrier favorable, plusieurs jours fériés tombant sur des week-ends en 2026.
Une reprise réelle, mais encore fragile
Bon, la photo n’est pas franchement simple pour autant. La ministre allemande a relevé que les prix de l’énergie restaient moins rassurants. La flambée du carburant pèse sur la consommation privée, attendue en hausse de seulement 0,3 %, contre 1,3 % l’an dernier, dans un pays où l’épargne reste élevée.
Autre signal surveillé, l’inflation a accéléré à 3,3 % en septembre en Allemagne, son plus haut niveau depuis près de trois ans. En France, l’exécutif prévoit 2,1 % cette année, puis 1,8 % en 2027.
Les années suivantes restent suspendues aux crises
Pour la suite, Berlin vise une progression du PIB de 1,1 % en 2027, puis de 0,6 % en 2028. Mais le gouvernement allemand prévient que cette trajectoire dépend largement de l’évolution des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine.
Et il y a le reste, moins visible mais bien installé, la pénurie de main-d’œuvre et le vieillissement démographique. A Paris, l’exécutif attend de son côté un rebond à 1 % en 2027, là aussi sous de fortes incertitudes. Ce que raconte cet écart, au fond, c’est moins un décrochage définitif qu’une reprise allemande encore très liée à des soutiens temporaires.