En bref
- Plus de 1 700 stations manquent de carburant
- TotalEnergies concentre la plupart des ruptures
- Les livraisons existent, les stocks partent trop vite
Plus de 1 700 stations-service sont actuellement en rupture d’essence ou de gazole en France. Et le point le plus frappant est là : certaines sont réapprovisionnées, mais leurs cuves se vident presque aussitôt.
Le pays compte environ 9 900 stations. Début octobre, la situation continue de se tendre, alors que les prix restent élevés sur fond de conflit persistant au Moyen-Orient. Pour les automobilistes, la question est simple : savoir quand la station près de chez eux retrouvera du carburant. En pratique, la réponse est souvent floue.
Une pénurie qui touche encore des centaines de points de vente
Les données publiques exploitées ces derniers jours montrent une aggravation progressive des ruptures. On parle de centaines de stations touchées sur le territoire, avec des manques qui concernent selon les cas l’essence, le gazole, ou les deux.
Résultat ? Le plein devient plus incertain, même quand la station n’est pas officiellement fermée. Et vous l’avez sans doute vu autour de vous, les automobilistes doivent adapter leurs trajets et parfois changer complètement de point de ravitaillement.
Chez TotalEnergies, les prix bas attirent trop de monde
Beaucoup de stations en difficulté appartiennent au réseau TotalEnergies. La raison est connue : le groupe maintient un plafonnement à 1,99 euro le litre de SP95-E10 et 2,25 euros le litre de gazole.
En face, les prix moyens publiés début octobre par l’Ufip étaient de 2,14 euros pour le SP95-E10 et 2,355 euros pour le gazole. L’écart n’a rien d’anodin. TotalEnergies reconnaît d’ailleurs une forte affluence sur l’ensemble de son réseau et explique que les automobilistes se dirigent d’abord vers les prix les plus bas.
Pourquoi il est presque impossible de prévoir le bon moment
Le paradoxe, c’est que les livraisons augmentent. TotalEnergies indique acheminer aujourd’hui 30 % de volume supplémentaire par rapport à la normale. Certaines stations habituellement livrées une fois par semaine le sont désormais deux fois. D’autres, qui recevaient deux à trois livraisons hebdomadaires, sont désormais servies tous les jours.
Mais cela ne suffit pas toujours. Francis Pousse, chez Mobilians, estime que 90 % des stations en rupture sont des TotalEnergies, parce qu’elles vendent beaucoup et ne peuvent pas être réapprovisionnées assez vite. Tout dépend aussi de la localisation. Une station d’autoroute, par exemple, est traitée en priorité.
Et la logistique a ses limites. On ne mobilise pas d’un coup deux ou trois fois plus de camions. Il faut aussi des dépôts disponibles et des stocks suffisants.
Deux options pour les automobilistes en attendant l’accalmie
Dans l’immédiat, il faut souvent choisir. Rester chez TotalEnergies pour profiter de tarifs plus bas, avec un risque de rupture régulier. Ou aller vers des stations indépendantes, plus chères, mais qui ont selon Francis Pousse l’avantage d’une livraison plus rapide.
Le retour à une situation plus stable dépendra surtout d’une détente à l’international et d’une baisse des prix. Si les tarifs moyens se rapprochent du plafonnement de TotalEnergies, la demande pourrait se répartir davantage entre les autres enseignes.