Retraite : pourquoi l’âge du premier versement change vraiment tout

Entre PER et assurance-vie, le bon choix dépend surtout du profil fiscal. Mais le vrai levier, selon Philippe Crevel, reste le moment où l’on commence.

Empilement de pièces sur une table symbolisant la croissance des finances
Image d'illustration. Croissance et Épargne — ADN

En bref

  • Commencer tôt change fortement le capital final
  • PER et assurance-vie peuvent se cumuler
  • La régularité prime sur le bon timing

Attendre coûte cher. Pour la retraite, l’écart entre un premier versement à 35 ans et le même effort commencé à 50 ans peut devenir massif, même avec une somme identique chaque mois.

Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle des Épargnants, rappelle qu’avec les doutes autour du système par répartition, pas mal de jeunes actifs cherchent un complément pour plus tard. Son idée est simple : on peut commencer avec 100, 300 ou 500 euros par mois, mais ce qui pèse le plus, c’est la durée.

L’écart se creuse très vite quand on attend

La démonstration avancée par Philippe Crevel est parlante. Avec 200 euros par mois placés à 3 % par an, une personne qui démarre à 35 ans atteint environ 104 400 euros à 63 ans, dont 37 200 euros de gains.

Le même effort engagé à 50 ans aboutit, lui, à environ 38 000 euros, avec seulement 6 800 euros de gains. Résultat, commencer 15 ans plus tôt crée 66 400 euros de capital supplémentaire. L’économiste résume l’idée avec une formule très simple, « plus on met de l’argent de côté tôt, plus cet argent va faire des bébés ». Derrière l’image, il y a l’effet des intérêts composés.

PER et assurance-vie, deux logiques différentes

Sur le choix du support, Philippe Crevel distingue deux grandes options. Le Plan d’Épargne Retraite, ou PER, vise surtout les épargnants imposables. Il explique que ce produit est particulièrement avantageux pour les personnes soumises à des taux d’imposition élevés, grâce à l’avantage fiscal sur les versements.

Mais ce cadre a une contrepartie : l’argent reste en principe bloqué jusqu’au départ à la retraite, sauf cas particuliers. L’assurance-vie, elle, laisse davantage de marge. On peut préparer l’avenir tout en gardant la possibilité de retirer une partie des sommes pour financer d’autres projets. Et les deux ne s’opposent pas. Philippe Crevel rappelle même qu’« ça se cumule ».

La méthode conseillée : verser régulièrement puis sécuriser

Pour un épargnant jeune, une dose de risque peut se défendre, puisque l’horizon de placement est lointain. L’idée n’est pas de courir après la performance immédiate, mais de laisser du temps au capital.

Ensuite, il faut réduire progressivement cette exposition. Philippe Crevel conseille de sécuriser le capital avec l’âge afin d’éviter qu’un krach boursier ne tombe au mauvais moment, juste avant le départ.

Bon, le point le plus concret reste la discipline. Plutôt que de chercher le moment idéal pour investir, l’économiste recommande des versements réguliers. Selon lui, investir de façon périodique permet de lisser les à-coups des marchés. Pour les actifs qui doutent de leur retraite future, c’est sans doute la bascule la plus importante : moins chercher le produit parfait, davantage tenir dans la durée.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Argent Epargne Epargne retraite

Lisez 24matins en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.