En bref
- Grève appelée jeudi 8 octobre 2026
- Raffineries et stations peuvent être perturbées
- La CGT réclame 200 euros pour tous
Jeudi 8 octobre 2026, des automobilistes pourraient trouver porte close dans certaines stations de TotalEnergies en France, surtout sur autoroute. L’appel à la grève lancé par la CGT vise l’ensemble des sites du groupe et peut aussi toucher les expéditions de carburant.
Des stations et des livraisons sous pression
Le mouvement concerne notamment les raffineries de TotalEnergies et les stations-service de sa filiale Argedis, qui en exploite environ 180, principalement sur autoroute.
Selon Éric Sellini, coordinateur CGT du groupe, cette grève de 24 heures pourrait bloquer ou ralentir les sorties de carburant, selon le niveau de mobilisation et les choix faits localement. Certaines stations-service pourraient aussi être bloquées. Pour les conducteurs, le point clé est là, des perturbations sont possibles à la fois sur l’approvisionnement et dans quelques points de vente.
Une prime jugée insuffisante
La direction avait pourtant annoncé, une semaine avant, une avance de 1 000 euros sur la prime annuelle. Dans un message interne, elle expliquait vouloir reconnaître dès maintenant la contribution des salariés aux résultats du groupe.
Mais pour la CGT, cela ne règle pas la question des salaires. Le syndicat demande 200 euros d’augmentation pour tous, ainsi qu’un salaire de base minimum à l’échelle du groupe fixé à 1,2 Smic. Éric Sellini porte aussi cette revendication.
Embauches, CDI et sécurité dans les sites
Le conflit ne porte pas seulement sur la feuille de paie. La CGT réclame aussi des embauches, en particulier pour les intérimaires qui travaillent dans les raffineries, et la transformation de contrats en CDI.
Le syndicat décrit des effectifs sous tension. Avec, selon lui, des conséquences possibles sur la sécurité des installations. Des débrayages pourraient également avoir lieu chez Hutchinson, filiale de TotalEnergies spécialisée dans le caoutchouc et les joints pour l’industrie.
Un conflit nourri par le contexte pétrolier
Cet appel intervient dans un climat déjà tendu. La guerre au Moyen-Orient fait grimper les cours du pétrole, tandis que le plafonnement des prix dans les stations de TotalEnergies a attiré des automobilistes soucieux de préserver leur pouvoir d’achat.
Dans le même temps, le groupe a annoncé fin septembre vouloir augmenter son dividende de plus de 5 % par an jusqu’en 2030 et accélérer ses rachats d’actions sur les deux prochains trimestres. Ses résultats semestriels pèsent aussi dans le débat, avec un bénéfice net de 10 milliards d’euros environ (11,2 milliards de dollars) au premier semestre, en hausse de 73 % sur un an. Les négociations annuelles obligatoires sur les salaires sont prévues en décembre.