En bref
- Le chauffage pèse jusqu’à 66 % des consommations
- La nuit, viser 16 à 17 °C
- Couper ou baisser dépend du système
Le vrai sujet, c’est le poids du chauffage dans le budget. Dans un logement, il peut représenter jusqu’à 66 % de la consommation d’énergie. Et la pression est bien là : le budget énergie moyen d’un ménage français avait atteint 1 744 euros en 2022.
Le dernier baromètre du Médiateur national de l’énergie montre aussi que près de sept foyers sur dix ont vu leur facture d’électricité grimper en 2024, tandis que 66 % paient plus cher leur gaz naturel. Le prix de l’énergie inquiète désormais 85 % des Français. L’hiver dernier, un Français sur trois a même eu froid chez lui.
Le chauffage pèse lourd dans le budget
Dans ce contexte, toucher au thermostat la nuit n’a rien d’un détail. D’après l’Ademe, baisser la température de 1 °C permet en moyenne de réduire la facture de chauffage de 7 %. C’est peu sur le papier, mais sur toute une saison, l’écart devient concret.
La nuit, la règle de base n’est pas d’éteindre à tout prix
Le repère recommandé reste simple : l’Ademe conseille 19 °C dans les pièces de vie en journée, puis 16 à 17 °C la nuit. Ce réglage favorise aussi un sommeil plus réparateur.
L’idée, c’est l’abaissement nocturne. On réduit la consigne de 2 à 3 °C pendant la nuit, sans forcément couper l’installation. Chez Viessmann, les spécialistes rappellent qu’un écart trop important entre le jour et la nuit peut rallonger la remise en température du matin, au point d’effacer une partie des économies espérées.
De son côté, Ryan Willdig, de Heatforce, estime qu’il est plus efficace et moins coûteux d’utiliser le chauffage seulement quand c’est nécessaire, plutôt que de le laisser tourner en continu à bas régime. Même constat chez Gav Murray, directeur du chauffage chez Hive, qui juge inutile de laisser le chauffage allumé en permanence à basse température. Pour l’Energy Savings Trust, avec une chaudière classique, cette stratégie consomme davantage et coûte plus cher.
Tout dépend du type d’équipement installé
C’est là que tout change. Avec une chaudière au gaz ou au fioul, reliée à des radiateurs en fonte ou à un plancher chauffant, mieux vaut souvent éviter la coupure complète. Selon SeLoger, le redémarrage d’un système à forte inertie peut demander beaucoup d’énergie au petit matin. Dans ce cas, baisser de 2 à 3 °C reste le meilleur compromis.
À l’inverse, des appareils à faible inertie, comme beaucoup de radiateurs électriques ou de convecteurs, réagissent rapidement. SeLoger souligne qu’ils supportent plus facilement une baisse temporaire avant de réchauffer les pièces au réveil.
Pour une pompe à chaleur basse température, l’Energy Savings Trust apporte une nuance : laisser fonctionner le chauffage sur une plage plus large peut parfois faire économiser, selon le dimensionnement de l’installation et la qualité de l’isolation.
Le thermostat ne fait pas de miracles
Dernier point, souvent mal compris : pousser le thermostat à 25 °C ne chauffe pas plus vite. Jamie Burns rappelle que cela provoque surtout de la surchauffe, du gaspillage et un fonctionnement moins stable. Le plus logique reste de programmer le chauffage environ 30 minutes avant le lever, avec une consigne située entre 18 °C et 21 °C, comme le recommande Gav Murray. Ce débat de thermostat dit une chose plus large : avec l’énergie, le bon réglage compte désormais presque autant que l’équipement lui-même.