En bref
- Plafond envisagé, 25 euros au restaurant
- 10 euros seulement pour les courses
- Application possible au 1er janvier 2028
Pour les 6 millions de salariés concernés, le changement serait très concret. Un même ticket-restaurant ne donnerait plus les mêmes droits selon qu’il est utilisé au restaurant ou en magasin alimentaire.
Deux plafonds pour un même ticket
Le texte examiné à l’Assemblée nationale prévoit un double plafond. Jusqu’à 25 euros par jour au restaurant, mais seulement 10 euros en supermarché. La mesure est portée par des députés MoDem et Renaissance, dans le cadre d’une proposition de loi qui doit pérenniser l’usage des titres pour les courses alimentaires, autorisé depuis la poussée inflationniste.
L’idée, côté majorité, est de rapprocher le dispositif de sa fonction d’origine, financer le déjeuner et soutenir la restauration. En toile de fond, il y a aussi l’effet durable du télétravail, qui a modifié les habitudes du midi. Le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, s’est dit ouvert à des discussions sur ce point.
Restaurateurs et distributeurs en désaccord frontal
Ce débat dépasse le simple plafond journalier. Il oppose en fait deux visions du ticket-restaurant.
Pour l’Umih, l’organisation patronale de l’hôtellerie-restauration, cette formule serait la plus équilibrée. Elle défend un soutien au pouvoir d’achat sans affaiblir l’activité ni l’emploi local, et avertit qu’un refus fragiliserait un secteur de 175 000 restaurants au bénéfice de la grande distribution.
En face, la FCD, qui représente notamment E. Leclerc et Carrefour, rejette cette logique. Pour elle, le ticket-restaurant doit d’abord rester un avantage social pensé pour le salarié, pas un outil destiné à préserver le chiffre d’affaires d’un secteur. Elle insiste aussi sur un point très concret, les courses en supermarché servent souvent de solution de proximité pour le déjeuner.
Un vote proche, des effets plus tardifs
Le calendrier, lui, est déjà posé. Après un passage en commission des Affaires sociales, le texte doit arriver dans l’hémicycle le 12 octobre.
Mais si la réforme est adoptée, elle ne s’appliquerait pas tout de suite. L’entrée en vigueur est prévue au 1er janvier 2028. D’ici là, les règles actuelles sur l’utilisation des titres pour les courses alimentaires seraient prolongées. Bref, le débat s’accélère, mais les habitudes des salariés ne changeraient pas demain matin.
Une réforme plus large que le seul plafond
Le projet ne s’arrête pas à cette frontière entre restaurant et magasin. Il prévoit aussi la dématérialisation complète des titres, ainsi qu’une transparence renforcée sur les commissions prélevées par les sociétés émettrices.
C’est sans doute là que le sujet devient plus large qu’un arbitrage entre deux secteurs. Derrière un ticket du quotidien, on touche à la fois au pouvoir d’achat, aux usages du travail et à la manière dont un outil social s’adapte, ou non, aux nouveaux réflexes de consommation.