En bref
- Le pétrole gagne plus de 5 %
- Le marché redoute des frappes contre l’Iran
- Les stocks promis ne rassurent pas
Le signal est simple, et il est rarement bon pour les marchés de l’énergie. Dès qu’un risque militaire touche la zone qui fait transiter une part clé du brut mondial, les prix montent. Ce jeudi, le pétrole est reparti nettement à la hausse, porté à la fois par des craintes autour de l’Iran et par une nouvelle dégradation du climat sécuritaire dans le Golfe.
Le marché réagit d’abord au risque
À 12h50 à Paris, le baril de Brent pour livraison en décembre gagnait 5,09 %, à environ 95 euros (105,30$). Le WTI américain pour novembre progressait de 5,12 %, à environ 84 euros (92,80$).
Cette poussée traduit moins un choc d’offre immédiat qu’une prime de risque. Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets, estime d’ailleurs qu’il s’agit surtout d’un mouvement alimenté par les gros titres, sans élément concret connu à ce stade.
Washington et Téhéran remettent la pression
Au cœur de cette nervosité, des informations de presse affirmant que la Maison-Blanche a demandé au Pentagone de préparer des options de frappes contre des cibles iraniennes. Selon les éléments rapportés, ces scénarios pourraient être activés avant les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre.
D’autres sources citées par Axios avancent que, si une opération de grande ampleur était lancée, elle viserait notamment des infrastructures énergétiques et nucléaires iraniennes. Pour Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management, ces signaux s’inscrivent dans une stratégie de pression sur l’Iran, avec aussi un enjeu politique intérieur américain lié aux prix de l’énergie et à l’affichage d’avancées dans le conflit.
Le détroit d’Ormuz reste le point sensible
Mais il n’y a pas que Washington. La tension monte aussi sur le terrain. L’agence britannique UKMTO a signalé qu’un pétrolier au large du Qatar avait été touché par de multiples projectiles, avec des victimes.
Dans le même temps, les rebelles houthis ont revendiqué une attaque au missile balistique contre l’aéroport de Riyad. Résultat, le détroit d’Ormuz revient au centre des inquiétudes. Et pour le marché, c’est un point très concret: si cette zone se tend, l’idée même d’un approvisionnement plus fragile suffit à faire grimper les cours.
Le débat sur les stocks ne calme pas vraiment le marché
Sur le papier, l’offre aurait pu contrebalancer un peu cette flambée. L’AIE a indiqué que la mise à disposition de tous les stocks déjà promis mais pas encore libérés dans le cadre de l’action collective de mars 2026 ajouterait environ 100 millions de barils au marché.
Cette précision est arrivée après l’annonce par le G7 d’un déblocage coordonné d’un volume équivalent. Sauf que, selon Arne Lohmann Rasmussen, ces quelque 100 millions de barils faisaient déjà partie de l’accord conclu en mars. En gros, pas d’apport vraiment nouveau. Et c’est bien là que se joue l’essentiel: quand la géopolitique accélère, le marché regarde d’abord le risque immédiat, pas les promesses déjà comptabilisées.