Après des frappes américaines en Iran, le Golfe replonge dans la crise

Image d'illustration. Frappes et crise énergétique se rejoignent.ADN
L’espoir d’un accord rapide entre Washington et Téhéran a volé en éclats. Des bases américaines du Golfe ont été visées et le pétrole repart déjà à la hausse.
En bref
- Washington a frappé des cibles iraniennes
- Téhéran a visé plusieurs pays du Golfe
- Le pétrole repart à la hausse
L’espoir d’un accord rapide a tenu quelques heures. Mardi, Donald Trump disait encore être proche d’un « très, très bon accord » pour mettre fin aux hostilités ouvertes le 28 février, avec un horizon de deux à trois jours. Plus tard, le président américain a annoncé qu’un hélicoptère Apache américain avait été abattu par l’Iran et a promis une réponse.
L’accord promis par Trump a cédé en quelques heures
Ce nouvel épisode intervient alors qu’un cessez-le-feu, entré en vigueur le 8 avril, restait déjà très fragile. Après cette trêve, les attaques entre l’Iran et Israël ont repris dimanche et lundi. Selon la télévision d’État iranienne, elles ont fait trois morts, dont deux militaires, et 15 blessés en Iran.
De son côté, Donald Trump a demandé aux deux pays d’arrêter « immédiatement » les combats. Le président américain cherche à sortir d’un conflit impopulaire aux États-Unis, engagé aux côtés d’Israël depuis le 28 février.
Bahreïn, Jordanie, Koweït, la riposte iranienne s’étend
Tôt mercredi 10 juin 2026, Téhéran a annoncé avoir frappé des bases américaines situées au Bahreïn et en Jordanie. Au Koweït, l’armée a indiqué faire face à des cibles aériennes hostiles, sans préciser leur origine.
En Jordanie, les Gardiens de la révolution disent avoir détruit quatre cibles majeures sur la base aérienne d’Azraq, dont des groupes de chasseurs F35 et un centre de commandement militaire américain. L’armée jordanienne affirme, elle, avoir abattu cinq missiles iraniens.
Au Bahreïn, la même force a revendiqué une attaque de drones contre la Ve flotte américaine. Peu après, des sirènes d’alerte ont retenti dans le royaume.
Le détroit d’Ormuz redevient le point de bascule
Les Gardiens de la révolution présentent cette opération comme une riposte aux frappes américaines menées dans la nuit sur Jask, Sirik et l’île de Qeshm, sur la côte sud iranienne, le long du détroit d’Ormuz, toujours bloqué. Ils affirment qu’un pylône de télécommunications a été endommagé à Sirik et que deux réservoirs d’eau ont été détruits dans la ville.
Des médias iraniens avaient signalé auparavant plusieurs séries d’explosions dans cette zone stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures. Le Centcom a indiqué que l’armée américaine avait visé des installations de défense aérienne, des postes de contrôle au sol et des sites de radars de surveillance iraniens. Le commandement américain parle d’une action de légitime défense, jugée proportionnée après la destruction de l’Apache lundi.
Résultat, le pétrole remonte. Le baril de WTI gagnait 0,74 %, à environ 83 euros (88,85 dollars), mercredi vers 02h30 GMT.
Le front libanais complique encore toute sortie de crise
Et l’équation ne se limite pas au Golfe. Téhéran exige que tout accord avec Washington inclue aussi la fin des combats au Liban, où le Hezbollah et Israël s’affrontent depuis le 2 mars.
Dans le sud libanais, Tyr et ses environs ont encore été bombardés mardi. Selon les autorités libanaises, au moins 11 personnes ont été tuées. Pour la première fois depuis le début des affrontements, l’armée israélienne a appelé tous les habitants à évacuer la ville, y compris le quartier chrétien. Walid al-Tawil, du conseil municipal, a affirmé que « le quartier chrétien est désormais vide à 99 % ». Le Hezbollah a aussi revendiqué de nouvelles attaques dans le sud du pays, sans blessés selon l’armée israélienne, qui dit par ailleurs avoir abattu un homme entré depuis le Liban après avoir tiré sur des soldats.