Budget 2027 : le prêt parental à taux zéro change déjà d’échelle

Voté en commission, le nouveau prêt parental à taux zéro a été largement élargi par les députés. Son examen en séance peut encore rebattre les cartes.

Landau contenant des euros sur bande bleue
Image d'illustration. Le prêt parental à taux zéro s’élargit. — ADN

En bref

  • Le PTZ parental a été élargi en commission
  • Plus de plafond de ressources désormais
  • Le texte revient mardi dans l’hémicycle

Le futur prêt parental à taux zéro n’a déjà plus grand-chose d’un dispositif très ciblé. Examiné en commission des Finances dans le cadre du budget 2027, il a été largement assoupli par les députés, avec un effet immédiat, davantage de foyers pourraient y prétendre si la mesure survit à la suite du débat parlementaire.

Un PTZ parental beaucoup plus large que prévu

Dans la copie initiale du gouvernement, ce nouveau PTZ visait les ménages sous conditions de ressources, à condition d’attendre un enfant ou d’en avoir un âgé de moins de trois ans. L’idée était simple, aider au moment où le logement devient trop petit.

Le texte adopté en commission change l’équation. Un amendement porté par le MoDem a supprimé le plafond de ressources, relevé le montant maximal à 100.000 euros et élargi l’accès aux familles ayant un enfant de moins de cinq ans. Bon, on passe donc d’un coup de pouce ciblé à un outil beaucoup plus large.

L’idée derrière la mesure, entre natalité et logement

À l’origine, le gouvernement défendait ce prêt pour encourager la natalité. Mais il y a aussi un autre objectif, plus concret, soutenir des ménages qui cherchent à acheter plus grand au moment d’agrandir la famille, avec en toile de fond un secteur immobilier qui manque de carburant.

Jean-Paul Mattéi, député centriste, y voit une mesure utile pour permettre à de jeunes couples de franchir ce cap résidentiel. Sur le papier, le mécanisme est lisible, accompagner l’arrivée d’un enfant par un accès facilité au crédit immobilier.

Une fracture nette entre majorité et gauche

C’est précisément l’abandon des critères sociaux qui crispe la gauche. Là où les auteurs de l’amendement défendent un dispositif de bon sens, l’opposition y voit un bonus familial susceptible de profiter aussi à des ménages déjà bien installés.

Eric Coquerel, pour LFI, alerte sur une concurrence jugée inéquitable entre foyers modestes et ménages plus aisés. Du côté des Écologistes, la critique vise aussi le risque d’aider des familles parfois déjà propriétaires. En gros, le débat porte moins sur l’idée d’aider les parents que sur la manière de cibler cette aide.

Rien n’est encore définitivement joué

Ce vote en commission ne clôt rien. Il donne une direction, pas une version finale.

La mesure doit être rediscutée à partir de mardi, lors de l’examen du projet de loi de finances dans l’hémicycle. Et c’est là que tout peut encore bouger, montant, conditions d’accès, ou philosophie même du dispositif. Ce petit article du budget 2027 dit quand même quelque chose de plus large, la politique du logement glisse de plus en plus vers des aides ciblées sur les moments de vie, avec le risque permanent de rouvrir la question, qui doit vraiment en bénéficier ?

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Gouvernement Parents Pouvoir d'achat Prêt Immobilier

Lisez 24matins en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.