Népal: la France n’est pas hors du risque de l’effondrement d’un glacier

Après la catastrophe au Népal, les chercheurs n’excluent pas un phénomène comparable en montagne. Pas à la même échelle, mais le risque existe.

Crevasse et blocs de glace rompus
Image d'illustration. Les chercheurs surveillent la stabilité des glaciers. — ADN

En bref

  • Le risque existe aussi dans les Alpes
  • L’Himalaya reste bien plus exposé
  • Les lacs glaciaires sont mieux surveillés

Un scénario comme celui du Népal n’est pas exclu en France. C’est la réponse des glaciologues après l’effondrement d’un pan de glacier dans l’Himalaya, à l’origine d’inondations meurtrières. Les chercheurs insistent toutefois sur un point: entre les Alpes et les reliefs népalais, l’échelle du danger n’est pas la même.

Un risque réel, mais pas dans les mêmes proportions

Pour Etienne Berthier, glaciologue au CNRS, on ne peut pas écarter ce type d’événement ailleurs. Il explique que l’Himalaya concentre des conditions très particulières, avec des reliefs extrêmes et une montagne très active sur le plan tectonique, ce qui augmente fortement la probabilité de phénomènes d’une telle ampleur.

D’autres zones du globe ont aussi des glaciers très mobiles, comme l’Alaska. Mais, dans ce cas, ils se situent souvent dans des secteurs inhabités. C’est l’un des écarts majeurs avec des vallées plus fréquentées.

Ce qui menace surtout les Alpes aujourd’hui

En France, les scientifiques jugent plus probables les éboulements et les glissements de terrain qu’un décrochement brutal d’un pan entier de montagne. Ces mouvements peuvent être déclenchés par un séisme, mais aussi par la fonte du permafrost, ce sol gelé qui maintient normalement les roches en place.

Cette dégradation est accélérée par le réchauffement climatique. Et le risque augmente quand des habitations, des routes ou des équipements touristiques sont installés à proximité. Ludovic Ravanel, géomorphologue au CNRS, a relevé cet été dans les Alpes un nombre record d’éboulements, parfois mortels, dont une large part est liée à la crise climatique.

Des signaux parfois visibles, mais une prévision limitée

Sur la catastrophe himalayenne, la capacité d’anticipation reste faible. Etienne Berthier précise qu’il faudra analyser les mouvements rocheux pour savoir si des signes de fragilité étaient détectables dans les semaines ou les mois précédents.

Le cas des lacs glaciaires est un peu différent. Quand ils se vident brutalement, on parle de GLOF. Dans les Alpes, Bernard Francou, ancien glaciologue de l’IRD, assure que ces lacs sont surveillés et que les risques de débordement ou de vidange sont suivis de près.

En Suisse, la commune de Randa, environ 400 habitants, redoute d’ailleurs un effondrement de glacier dans les prochains jours. Des périmètres de sécurité ont été mis en place après plusieurs éboulements.

Une catastrophe qui a aussi touché des Français

Le drame survenu mercredi 26 août a fait 579 morts. Le bilan cité ensuite par les autorités françaises fait état de près de 600 morts et de 2 500 disparus entre le Népal et la Chine. Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé vendredi 28 août que quatre Français faisaient partie des personnes portées disparues.

Bref, l’alerte vaut surtout comme rappel. Dans les montagnes françaises, le scénario himalayen n’est pas le plus probable. Mais la hausse des instabilités, elle, est déjà bien là.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

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