En bref
- Le changement d’heure perturbe le sommeil.
- La mélatonine est citée comme option prioritaire.
- Les écrans peuvent aggraver le décalage.
En Espagne, plus de 22% de la population souffre de problèmes de sommeil, d’après un rapport récent de la Sociedad Española del Sueño. Le passage prochain à l’heure d’hiver arrive donc sur un terrain déjà fragile, avec une heure à reculer dans la nuit du 31 octobre.
Un terrain déjà fragile pour le sommeil
La Sociedad Española del Sueño indique aussi que la part des personnes touchées par l’insomnie dépasse 11%. Dans ce cadre, la mélatonine est présentée comme l’un des principaux inducteurs du sommeil et comme un acteur de son maintien.
Ce point compte, parce que le débat sur le changement d’heure ne touche pas seulement au confort. Il renvoie à la façon dont l’organisme cale ses rythmes sur la lumière et sur les horaires quotidiens.
Le changement d’heure dérègle l’horloge interne
Lors d’un webinaire organisé par Laboratorios Arkopharma avec le Colegio Oficial de Farmacéuticos de Madrid, le médecin et physiologiste Darío Acuña, de l’Université de Grenade et directeur de l’Institut international de la mélatonine, a expliqué que ce nouveau changement d’heure peut casser l’horloge biologique interne, un phénomène décrit comme une chronodisruption.
Selon lui, ce décalage entre le temps de l’environnement et le rythme interne peut avoir des effets variés. Il cite le stress, l’inflammation, des dommages mitochondriaux, mais aussi des répercussions sur le système immunitaire, avec des maladies inflammatoires ou une aggravation de leurs symptômes, comme les allergies, la polyarthrite rhumatoïde et des maladies liées au vieillissement.
Il ajoute que, après le changement d’heure, les événements cardiovasculaires surviennent surtout le matin, avec une hausse du stress.
Pourquoi la mélatonine est mise en avant
Pour Darío Acuña, des consensus internationaux recommandent la mélatonine comme première prise en charge face à une altération du sommeil, afin d’aider à réparer les perturbations de l’horloge biologique. Le médecin affirme qu’elle régule et synchronise les rythmes circadiens de toutes les cellules avec l’horloge centrale.
Il insiste aussi sur son rôle antioxydant, en expliquant qu’elle limite les radicaux libres dans la cellule et module l’activité du système immunitaire. Autre élément avancé, sa production baisse avec l’âge, ce qui réduirait ses effets protecteurs et chronobiotiques.
Darío Acuña résume ainsi sa position : « Comme la mélatonine a une durée de vie très courte, elle ne s’accumule pas dans l’organisme et n’a pas d’effets secondaires », ce qui permettrait son usage à tout âge.
Lumière artificielle et écrans compliquent encore la donne
Avec l’heure d’hiver, la journée finit plus tôt. Résultat, l’usage de lumière artificielle augmente. La Sociedad Española del Sueño avertit qu’une exposition inutile à la lumière, avant et pendant le sommeil nocturne, peut provoquer des problèmes de santé, notamment des troubles du sommeil.
Les appareils électroniques utilisés avant l’heure habituelle du coucher retardent aussi la sécrétion de mélatonine, repoussent l’endormissement et réduisent la vigilance le matin.
Des produits aussi présentés pendant la session
La session a enfin passé en revue deux produits de Laboratorios Arkopharma : Arkosueño Melatonin Gotas, destiné aux enfants, sans sucre ni conservateurs chimiques, et Arkosueño Forte, avec une libération de mélatonine en deux phases, présenté comme utile aussi lors des réveils nocturnes.
En creux, le sujet dépasse le simple rituel du changement d’heure. Il touche à quelque chose de plus large, notre rapport quotidien à la lumière, aux écrans et au sommeil.