Mort de Lyhanna : le chef des gendarmes reconnaît un « échec »

Après la mort de Lyhanna dans le Gers, le directeur de la gendarmerie admet un échec et promet d’éclaircir les retards et possibles dysfonctionnements.

Façade de gendarmerie dans le Gers
Image d'illustration. Le drame relance des questions internes. — ADN

En bref

  • Le chef des gendarmes parle d’un échec
  • Le suspect n’avait pas encore été entendu
  • Une enquête administrative est lancée

Quatre mois. C’est le délai pointé dans l’affaire Lyhanna, 11 ans, alors que le principal suspect, Jérôme B., était visé par une plainte pour viols sur mineure sans avoir encore été placé en garde à vue au moment de l’enlèvement, le 29 mai. Mardi 9 juin, sur TF1, le directeur général de la gendarmerie nationale, le général Hubert Bonneau, a reconnu que ce dossier se soldait par un échec pour l’institution.

Quatre mois qui pèsent lourd

La procédure remonte à août 2025. La mère d’une enfant accuse alors Jérôme B. de viols répétés. Selon les éléments rappelés à l’antenne, la victime a été entendue et un examen médico-légal a corroboré ses déclarations.

Le parquet de Toulouse a ensuite transmis le dossier au parquet d’Auch, qui a saisi la gendarmerie de Lectoure, dans le Gers, en janvier. Mais lorsque Lyhanna disparaît, le suspect n’a toujours pas été entendu sous le régime de la garde à vue. Hubert Bonneau l’a admis en des termes nets sur TF1, « quand vous avez un auteur qui est désigné, quand vous avez une victime avérée, quatre mois, c’est trop long ».

Le patron des gendarmes assume publiquement

Le général Hubert Bonneau n’a pas cherché à minimiser. Il a parlé d’un sujet sensible et dit d’emblée que l’affaire était un échec pour la gendarmerie, ajoutant que les gendarmes le vivaient comme tel.

Il a aussi expliqué ce mot par la mission même du corps. Quand une action censée protéger se termine par de la mort ou de la souffrance, a-t-il résumé, l’échec est là. Interrogé sur une éventuelle démission, il a indiqué n’y avoir pas songé.

Dans le même temps, il a rappelé la pression sur les services, avec « au sein de la gendarmerie nationale aujourd’hui nous recevons toutes les heures quatre plaintes pour des violences sexuelles et sexistes et des viols sur des mineurs ». Mais il a aussitôt précisé que cela n’excusait rien.

Une enquête administrative pour faire la lumière

Deux inspections ont été saisies, l’IGGN et l’IGJ. Leur mission, vérifier s’il y a eu des dysfonctionnements dans le traitement du dossier.

Un autre point doit être éclairci. La mère de la mineure qui avait déposé plainte a affirmé avoir été menacée d’une plainte si elle continuait d’appeler la gendarmerie pour suivre l’avancée de l’enquête. Sur ce point, Hubert Bonneau a promis de faire la lumière.

Pourquoi l’affaire a pris une telle ampleur

Le corps de Lyhanna a été retrouvé jeudi dans un silo désaffecté du Gers, six jours après sa disparition. La mort de cette collégienne a provoqué une forte émotion en France.

Et c’est bien ce décalage entre les signalements déjà connus et l’issue du dossier qui place aujourd’hui la gendarmerie face à une séquence très lourde, sur le terrain judiciaire comme sur le terrain institutionnel.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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