Meurtre à Charleville-Mézières, le récit d’une nuit de torture

Un homme de 47 ans a été tué à son domicile de Charleville-Mézières. Un couple a été écroué pour meurtre avec actes de torture et de barbarie.

Gyrophare bleu devant des immeubles
Image d'illustration. Une enquête vise des faits de meurtre. — ADN

En bref

  • Un couple écroué pour meurtre aggravé
  • La victime a subi tortures et mutilations
  • Alcool et stupéfiants au cœur de la soirée

Les blessures constatées sur le corps de la victime disent déjà l’essentiel. À Charleville-Mézières, un homme de 47 ans est mort après des violences extrêmes, avec des lésions au visage, des fractures aux côtes et des atteintes cervicales ayant obstrué les voies aériennes.

Une autopsie qui éclaire la violence des faits

L’autopsie a aussi établi de très graves violences sexuelles. Le sexe de la victime avait été mutilé. Pour le procureur de Reims, François Schneider, il était manifeste que l’homme « n’était pas mort sur le coup ».

Un élément de l’enquête renforce ce constat. Une vidéo retrouvée montre, selon François Schneider, la victime agonisante pendant que son agresseur lui portait encore de violents coups de pied au visage. Le corps sans vie a été découvert jeudi au domicile de cet homme, connu des services de police.

Un couple mis en examen et placé en détention

Deux suspects, un homme de 37 ans et sa compagne de 27 ans, ont été mis en examen lundi 31 août. La justice retient les qualifications de meurtre accompagné d’actes de tortures et de barbarie.

Ils ont été placés en détention provisoire et encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Le trentenaire compte 36 condamnations à son casier, essentiellement pour des violences. Sa compagne a, elle aussi, déjà été condamnée pour violences aggravées.

Les faits remontent à la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 août, dans les Ardennes. Le parquet précise que l’affaire s’inscrit sur fond de consommation d’alcool et de stupéfiants.

Ce que raconte l’enquête sur la soirée

Selon les premiers éléments, les deux mis en cause avaient rejoint la victime chez elle avec une adolescente sans abri de 17 ans pour passer la soirée. Sur place, le groupe a consommé massivement de l’alcool, mais aussi de la cocaïne et du C, présenté comme un mélange de cocaïne et d’ammoniac.

D’après le récit de l’adolescente, placée en garde à vue puis remise en liberté, la soirée a basculé quand la victime aurait proposé à la compagne du suspect d’avoir des relations sexuelles avec elle en échange de produits stupéfiants.

C’est à partir de là que l’enquête décrit un déchaînement de violences. La victime aurait été frappée à coups de pied, mais aussi avec un ventilateur et des meubles, pendant que la scène était filmée. Elle aurait ensuite été retournée pour subir des violences sexuelles. L’information judiciaire doit maintenant préciser le rôle exact de chacun.

Jérôme Nelra

Spécialiste Faits Divers

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