Affaire Crépol, la justice ajoute la circonstance de racisme

Les juges d’instruction ont retenu le racisme comme circonstance aggravante dans le meurtre de Thomas Perotto, tué à Crépol en 2023.

Marteau et France sur une déchirure
Image d'illustration. La justice retient la circonstance de racisme. — ADN

En bref

  • Le racisme est ajouté au dossier
  • Quatorze suspects restent mis en examen
  • L’enquête est désormais close

La justice a ajouté la circonstance aggravante de racisme dans le dossier du meurtre de Thomas Perotto, tué à Crépol en novembre 2023. Cette qualification vise l’ensemble des mis en examen, alors que l’enquête vient d’être bouclée.

Ce point compte, parce qu’il modifie la lecture pénale des faits. Il ne tranche pas encore définitivement le dossier, mais il pèse déjà dans la suite de la procédure.

Une qualification ajoutée à tous les mis en examen

Les juges d’instruction ont retenu cette circonstance aggravante après avoir examiné une dizaine de témoignages. Plusieurs décrivent, à la fin du bal de village, des propos hostiles aux Blancs.

Dans leur analyse, les magistrats estiment que les victimes ont pu être visées en raison de leur race blanche et de leur appartenance, réelle ou supposée, à la nation française. C’est un changement important dans ce dossier, même s’il devra encore être confirmé, ou non, au moment de l’ordonnance de mise en accusation, dernière étape de l’instruction avant un éventuel procès.

Ce qui s’est passé dans la nuit du drame

Les faits remontent à la nuit du 18 au 19 novembre 2023. Un groupe de jeunes venus du quartier de La Monnaie, à Romans-sur-Isère, s’était rendu au bal organisé dans la salle des fêtes de Crépol, commune rurale de la Drôme.

Peu avant 2 heures du matin, une bagarre a éclaté à l’extérieur. À ce stade, la raison précise de cet affrontement n’est toujours pas établie. Thomas Perotto, 16 ans, a reçu un coup de couteau. Il est mort pendant son transport vers l’hôpital.

Résultat, près de deux ans après les faits, le dossier avance sur la qualification retenue, mais pas sur l’auteur du coup fatal.

Quatorze suspects et une affaire devenue nationale

Au total, quatorze personnes sont mises en examen pour meurtre et tentative de meurtre. Pour certains, les faits sont aussi poursuivis en bande organisée. Parmi eux, onze étaient mineurs au moment du drame.

Aucun des mis en examen n’a admis avoir porté le coup mortel. C’est un point central, et il explique aussi la prudence de la procédure à ce stade.

L’affaire a pris très vite une dimension nationale. Elle a largement dépassé le cadre judiciaire après avoir été reprise dans le débat public, notamment par la droite et l’extrême droite, qui s’en sont servies politiquement. La prochaine séquence, désormais, se jouera sur la décision finale des juges d’instruction au moment de renvoyer, ou non, les suspects devant une cour d’assises.

Jérôme Nelra

Spécialiste Faits Divers

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