Besançon : 12 ans de prison après un meurtre parti d’une chaise

Jugé à huis clos dans le Doubs, un jeune homme a été condamné à 12 ans de prison pour un meurtre commis à Besançon en 2024.

Détail d’une charnière de chaise pliante
Image d'illustration. Une chaise pliante de camping. — ADN

En bref

  • 12 ans de prison pour un meurtre à Besançon
  • La victime avait 27 ans
  • L’accusé était mineur au moment des faits

Une dispute autour d’une chaise de camping s’est soldée par une peine de douze ans de prison. Mardi 30 juin 2026, la cour d’assises du Doubs a condamné un jeune homme pour le meurtre d’un habitant de 27 ans tué à Besançon durant l’été 2024.

Une peine plus lourde que les réquisitions

L’accusé avait 17 ans au moment des faits. À l’issue de deux jours de procès à huis clos, il a été reconnu coupable de meurtre aggravé par la consommation de cannabis, selon Me Jules Briquet, avocat de la famille de la victime.

La peine prononcée dépasse les réquisitions du ministère public. L’avocat général, Lucas Maillard-Salin, avait demandé dix ans de réclusion criminelle.

Une soirée d’été qui bascule en quelques minutes

Les faits remontent au 11 août 2024, dans le quartier de l’Amitié, à Besançon. Ce soir-là, la chaleur pousse des jeunes du secteur à descendre des chaises pliantes sur le parking au pied d’un immeuble pour prendre l’air.

Vers 23 heures, la future victime quitte sa chaise pour remonter chercher une bouteille d’eau. Quand elle redescend, l’adolescent, qui habite dans l’immeuble, s’est installé à sa place. L’altercation démarre là.

Le mineur repart ensuite chez lui, puis revient avec un couteau. Il porte plusieurs coups, dont un coup fatal dans le dos.

Le profil du mineur et sa ligne de défense contestée

Le jeune homme a été interpellé peu après. Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, il est présenté comme un adolescent à la vie cabossée, mais sans problème d’intégration ni antécédent judiciaire.

À l’audience, il a reconnu avoir porté les coups de couteau à l’origine de la mort. Il a en revanche soutenu avoir subi des violences de la part du groupe de jeunes présent en bas de l’immeuble. Une version rejetée par Lucas Maillard-Salin.

Une famille marquée, un quartier durablement touché

Pour Me Jules Briquet, le drame dépasse largement la seule scène de l’agression. L’avocat rappelle que, dans ce quartier populaire, quand il fait chaud, on ouvre les fenêtres et on descend prendre l’air.

Il souligne aussi l’ampleur du choc pour les proches. Jules Briquet dit que « les 24 membres de la famille » ont assisté à l’exécution d’un fils, d’un neveu et d’un cousin. Et il résume l’après, en une formule sèche : « Depuis août 2024, la rue de l’Amitié s’est transformée en rue de l’Impasse ».

Jérôme Nelra

Spécialiste Faits Divers

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