En bref
- Des livraisons pourraient être suspendues localement samedi
- Les syndicats invoquent la sécurité des coursiers
- Deliveroo et Uber Eats ont déjà réagi
Ce week-end, commander un repas pourrait être plus compliqué dans certains secteurs. En cause, la crainte de nouveaux débordements lors de la mobilisation annoncée pour le samedi 24 octobre 2026, après un premier épisode déjà tendu une semaine plus tôt.
Un samedi sous surveillance
Mardi 20 octobre, Union-Indépendants, principal syndicat des livreurs indépendants à vélo, a demandé à Uber Eats et Deliveroo de prendre des mesures de sécurité. L’idée est simple, suspendre les commandes dans les zones jugées dangereuses si la situation dégénère.
Le contexte pèse lourd. Plus tôt dans la journée, Sébastien Lecornu a dit anticiper un « acte II » des Gilets jaunes samedi, avec un dispositif policier annoncé comme « massif », à la fois en moyens et en réactivité. À l’Assemblée nationale, Laurent Nuñez a ajouté que la réponse du 17 octobre avait été trop statique et pas assez mobile.
Des livreurs restés au milieu des affrontements
Le 17 octobre, des coursiers ont traversé des cortèges noyés de gaz lacrymogènes. Des chauffeurs VTC ont aussi dû prendre des rues à contresens pour éviter des charges de CRS.
Selon Union-Indépendants, beaucoup de travailleurs ont été pris au milieu des affrontements. Fabian Tosolini, délégué national du syndicat, a expliqué à l’AFP avoir reçu énormément de remontées de livreurs et de chauffeurs VTC qui se sont retrouvés « au milieu du chaos » sans pouvoir se mettre en sécurité. Bref, la question n’est plus théorique.
Ce que réclame Union-Indépendants
Le syndicat demande d’abord que les livreurs et chauffeurs puissent annuler une course ou une commande pour se protéger, sans perte de rémunération. Il veut aussi une compensation financière pour le manque à gagner.
Autre demande, un système d’alerte en temps réel pour signaler les zones à risque. Union-Indépendants appelle également les restaurateurs et les clients à ne pas solliciter ces travailleurs dans les périmètres dangereux. Et il souhaite que les plateformes stoppent temporairement courses et livraisons quand c’est nécessaire.
Ces demandes ont aussi été transmises aux ministères du Travail et des Transports.
Ce que disent déjà Deliveroo et Uber Eats
Deliveroo assure avoir suspendu sa plateforme à plusieurs endroits en France, notamment dans certaines zones parisiennes, les 17 et 18 octobre, pour protéger livreurs et utilisateurs. L’entreprise indique aussi avoir contacté des livreurs touchés par des violences hors des parcours de manifestation initialement prévus, et lancé une indemnisation pour les commandes non livrées.
De son côté, Uber Eats dit avoir relayé auprès des livreurs et des restaurateurs les mesures prises par les autorités. La société rappelle aussi que les livreurs peuvent choisir de travailler ou non, refuser une commande sans conséquence sur leur compte et signaler toute situation à risque.
L’enjeu dépasse ce seul week-end. Les dernières données officielles de l’autorité de régulation faisaient état, en 2024, de 122 000 travailleurs indépendants de plateformes en France, dont 71 000 livreurs et 51 000 chauffeurs.