En bref
- Né d’un épisode de Batman Beyond, The Zeta Project suit un robot assassin qui se rebelle contre le gouvernement et cherche à prouver son innocence.
- La série a été freinée par son ton sombre, notamment après les attentats de 2001, avec des intrigues liées au terrorisme jugées trop sensibles pour Kids WB!.
- Annulée après deux saisons, elle s’est achevée sans véritable conclusion aux États-Unis et reste aujourd’hui largement absente des plateformes de streaming.
On se souvient encore très bien de Batman Beyond. Beaucoup moins de The Zeta Project. Et c’est presque le vrai sujet, 24 ans après son annulation, le 10 août 2002, après seulement deux saisons sur Kids WB!.
Quand Batman Beyond lançait un robot en cavale
À la base, tout part d’un épisode de la saison 2 de Batman Beyond, simplement intitulé « Zeta ». Terry McGinnis y croise un assassin robotique caché sous l’apparence d’un professeur dans son lycée. Le robot, connu sous le nom de Zeta, a cessé d’obéir au gouvernement, qui le soupçonne alors d’avoir été reprogrammé par des terroristes.
Le twist, lui, était franchement solide. Après avoir partagé un moment de la vie de sa cible, Zeta refuse d’exécuter l’ordre reçu, parce qu’il comprend ce que sa mort infligerait à sa famille, en particulier à sa fille. Terry McGinnis l’aide finalement à fuir Gotham. C’est ce point de départ qui ouvre la porte à son propre feuilleton dans le DC Animated Universe.
Une série née trop sombre pour le samedi matin
Lancée en janvier 2001, la série est créée par Robert Goodman, avec l’idée d’aller vers quelque chose de plus sombre que ce qui arrivera finalement à l’écran. Sauf que cette ambition cadre mal avec la case du samedi matin. La première saison a même failli être la dernière.
Le problème s’est encore durci après septembre 2001. Les ennemis terroristes occupaient une place centrale dans plusieurs intrigues, ce qui mettait la série en collision frontale avec les attentes de Kids WB!. Résultat, un programme qui voulait creuser l’identité, l’obéissance et la conspiration, mais qui devait en permanence freiner.
Un héros adouci, une identité jamais vraiment fixée
Dans sa propre série, Zeta part à la recherche de son créateur d’origine, en espérant prouver son innocence. Il est accompagné de la jeune Ro. Mais entre-temps, le personnage a été largement adouci. Ses armes les plus létales disparaissent au profit de scies et d’autres techniques robotiques.
Le ton aussi change. La série garde des éléments noirs, mais son design et son ambiance sont nettement plus légers que ceux de Batman Beyond. Ce va-et-vient permanent sur l’intensité finit par user tout le monde, au point de pousser Robert Goodman à quitter le projet en coulisses. Pas vraiment le signe d’une machine en confiance.
Une fin tronquée et une série presque introuvable
Le plus rude, c’est que le vrai final n’a même pas été diffusé aux États-Unis. La saison 2 a accumulé les tensions, avec des demandes répétées pour rendre la série moins noire, alors même qu’elle suivait un robot assassin lié à des complots gouvernementaux et à des récits de terrorisme qu’elle ne pouvait jamais nommer franchement.
Depuis, Robert Goodman a expliqué qu’il voulait finir l’histoire autrement, avec même des idées pour une saison 3. Rien n’a abouti. The Zeta Project a bien eu droit à une sortie DVD, mais reste absent du streaming, y compris sur Tubi, et n’a jamais été traité comme Justice League ou Static Shock. Une série oubliée, un peu en avance sur son époque. Et ça, quand même, c’est le plus frustrant.