En bref
- Jeff the Killer va arriver au cinéma, porté par le succès des films d’horreur inspirés d’internet.
- Le film misera sur la nostalgie des fans, avec une histoire plus réaliste mais fidèle aux origines de la creepypasta.
- Hollywood va continuer à puiser dans le folklore web, avec d’autres créatures comme Siren Head et Cartoon Cat en préparation.
Le timing ne doit rien au hasard. Si Jeff the Killer arrive enfin au cinéma, c’est au moment où Hollywood fouille plus que jamais les légendes d’internet pour en tirer des films d’horreur capables de toucher un public déjà conquis en ligne.
Pourquoi ce projet arrive maintenant ?
Le vrai moteur, c’est le carton de Backrooms. Le film a dépassé 395 millions de dollars et ce succès a poussé plusieurs studios à chercher la prochaine obsession née sur le web. Dans ce mouvement, d’anciens phénomènes viraux reviennent logiquement sur la table.
Chez Tongal, on compare même ce basculement à l’effet provoqué par The Blair Witch Project en 1999. Le studio estime que les grands acteurs du secteur ont perdu le contact avec les fans depuis un moment et que ce type de succès agit comme un sérieux rappel à l’ordre. Le message est limpide, l’horreur web n’est plus un délire de niche.
Un vieux monstre d’internet passe au long métrage
Créé en 2008 par un internaute nommé Sesseur, Jeff the Killer fait partie des creepypastas les plus connues du web. Le personnage est présenté comme un adolescent de 13 ans devenu tueur en série après une agression de harceleurs qui le défigure.
Ce qui a surtout marqué, c’est son visage blafard retouché à l’extrême et sa phrase culte : « Va dormir ». Avec le temps, Jeff the Killer a nourri des fan works, des mèmes et d’autres figures du même genre, de Slender Man à Jane the Killer. Un pur produit de folklore internet, et un vrai morceau de culture web.
Qui porte l’adaptation ?
Le film sera produit par Savannah Moss, créatrice TikTok suivie par 11,4 millions d’abonnés, avec Mark Korshak et Michael McKay. Le projet est monté avec Tongal, studio indépendant connu notamment pour le documentaire Todd McFarlane’s Like Hell I Won’t.
Pour Tongal, ce sera le premier long métrage d’horreur. Le studio y voit une étape de plus dans l’élargissement de son catalogue de films. Et clairement, il va chercher là une licence déjà chargée en notoriété.
Des fans aux commandes, avec une promesse précise
Savannah Moss explique avoir grandi avec Jeff the Killer et les autres histoires creepypasta. Elle rappelle aussi avoir déjà utilisé le personnage dans certaines de ses vidéos Fever Dream. Sa ligne créative est posée, faire un film plus ancré dans le réel, mais fidèle aux origines de Jeff.
De son côté, James DeJulio, patron de Tongal, insiste sur deux éléments, le fameux jump scare lié à Jeff the Killer et l’ambiguïté autour de la photo d’origine, longtemps nourrie par le doute sur son authenticité. C’est justement ce flou, très internet dans l’esprit, qui a convaincu l’équipe qu’il y avait là un matériau solide pour un long métrage.
Dans le même mouvement, d’autres créatures comme Sirenhead ou Cartoon Cat, imaginée par Trevor Henderson, avancent aussi vers des adaptations. Le web ne fournit plus seulement des mèmes, il alimente désormais le cinéma grand public.