Le chatbot du gouvernement Trump a déjà cessé de parler politique

Mis en ligne par l’administration Trump, America.gov a d’abord répondu sur le fond à des sujets sensibles. Vingt-quatre heures plus tard, son ton a changé.

Open space avec écran America.gov
Image d'illustration. Le virage du chatbot interroge sa ligne. — ADN

En bref

  • America.gov a changé de ton en un jour
  • Le chatbot répond moins aux questions politiques
  • La Maison Blanche promet des infos fiables

Vingt-quatre heures ont suffi. Mis en ligne par l’administration Donald Trump, le chatbot du site America.gov a d’abord répondu sur le fond à des questions très politiques, avant de refuser ensuite ce terrain.

Un virage en vingt-quatre heures

Mardi 29 septembre 2026, interrogé sur une éventuelle fraude électorale généralisée lors de la présidentielle de 2020, l’outil répondait que les évaluations fédérales officielles menées après le scrutin n’avaient pas mis au jour de fraude d’une ampleur capable de changer le résultat. Une réponse nette, et gênante pour Donald Trump, qui affirme avoir remporté cette élection.

Mercredi 30 septembre 2026, à la même question, le même chatbot a changé de registre. Cette fois, il a expliqué ne pas fournir de commentaires politiques ni d’analyses sur des élections passées. Le contraste est assez brut.

Un outil pensé pour orienter les usagers

Sur sa page d’accueil, America.gov se présente comme un point d’entrée pour les besoins des Américains vis-à-vis du gouvernement. L’objectif affiché est simple, faciliter l’accès aux informations publiques et aux services fédéraux.

Au lancement, Donald Trump avait salué l’outil en le jugeant « sacrément bon ». Mais ce jugement est vite devenu embarrassant, justement parce que le robot s’appuyait sur des documents publics, y compris quand ceux-ci contredisaient certaines affirmations de son camp.

Quand les documents officiels contredisent le récit politique

Le Digital Democracy Institute of the Americas a relevé que, dès son premier jour, America.gov s’appuyait sur des faits et des documents officiels pour contredire certains discours trompeurs et des lectures politiques sur l’immigration ou les élections, pourtant largement relayés par l’administration qui a créé l’outil.

Les premières analyses allaient dans le même sens. Le chatbot fournissait, en règle générale, des réponses étayées par des preuves et des sources gouvernementales. Et il a continué à réfuter d’autres affirmations contestées de Donald Trump, notamment sur l’inflation, même après son changement de ton sur l’élection de 2020.

Des réactions immédiates, mais peu d’explications

La première réponse sur 2020 a été vite relayée par des élus démocrates. Le sénateur Adam Schiff a ainsi écrit sur X « Enfin, une réponse claire dans le gouvernement de Trump ».

Reste une question, le gouvernement a-t-il modifié les paramètres du chatbot ? À ce stade, rien ne permet de l’affirmer. La Maison Blanche, dans un communiqué transmis à l’AFP, a seulement indiqué que America.gov continuerait d’être mis à jour pour fournir aux Américains les informations et ressources fédérales les plus précises et les plus fiables.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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