Utah : après 41 ans dans le couloir de la mort, il sort enfin

Douglas Stewart Carter, 71 ans, a été libéré en Utah après de nouvelles analyses ADN. Son dossier, miné par des fautes policières, sera rejugé en 2027.

Prison de l’Utah en plan large
Image d'illustration. Quarante et un ans de couloir de la mort. — ADN

En bref

  • Douglas Carter sort après 41 ans
  • L’ADN ne correspond pas au sien
  • Un nouveau procès est prévu

L’affaire n’est pas terminée en Utah, mais Douglas Stewart Carter, 71 ans, a quitté lundi 28 septembre 2026 le couloir de la mort où il a passé 41 ans. Sa remise en liberté sous caution intervient avant un nouveau procès attendu en 2027.

Un dossier rouvert, mais pas refermé

Ce basculement tient à de nouvelles analyses ADN réalisées sur des prélèvements de la scène de crime. Elles ne correspondent pas à l’ADN de Douglas Stewart Carter. Son avocat a annoncé sa libération mardi.

L’homme avait été condamné pour le meurtre d’Eva Olesen, la tante du chef de la police de Provo, une ville de l’Utah. La Cour suprême de l’État avait, quelques mois plus tôt, ordonné la tenue d’un nouveau procès en relevant de graves fautes commises pendant l’enquête.

Une accusation bâtie sur des aveux et deux témoins

Le dossier remontait à 1985. Douglas Stewart Carter, un homme noir, avait alors été reconnu coupable une première fois. Puis de nouveau condamné en 1992 lors d’un second procès.

L’accusation avançait un scénario simple, un cambriolage qui aurait mal tourné. Pour l’étayer, elle s’appuyait sur deux témoins et sur des aveux signés par l’accusé. Depuis le départ, lui contestait cette version et répétait que ces aveux lui avaient été arrachés par la police.

Son avocat a salué un grand jour et a estimé que l’État lui avait volé 41 ans de vie. Le propos est fort, mais il colle à la durée hors norme de cette détention.

ADN, témoins rétractés et fautes graves de la police

Le dossier a commencé à se fissurer bien plus tard. Deux décennies après le procès, les deux témoins ont fini par reconnaître que la police les avait payés et poussés à témoigner contre Douglas Stewart Carter.

La défense mettait aussi en avant un autre témoignage, selon lequel un homme blanc avait été vu en train de quitter la scène du crime. Cette piste n’a pas été explorée. D’autres suspects possibles n’ont pas davantage été examinés, notamment le mari d’Eva Olesen, qui est mort en 2009.

Résultat, ce sont à la fois l’ADN, les rétractations des témoins et les manquements relevés par la justice qui ont fait tomber un dossier tenu pour solide pendant des décennies. En 2027, le nouveau procès dira si l’accusation peut encore tenir.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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