Pedro Sánchez veut une femme d’Amérique latine à la tête de l’ONU

À l’ONU, Pedro Sánchez plaide pour qu’une femme venue d’Amérique latine succède à António Guterres, au nom d’une « dette historique ».

Salle de l’Assemblée générale de l’ONU
Image d'illustration. Le futur leadership de l’ONU est en discussion. — ADN

En bref

  • Pedro Sánchez veut une femme latino-américaine à l’ONU
  • António Guterres quittera son poste fin décembre
  • Le chef espagnol défend aussi le multilatéralisme

Le mandat d’António Guterres arrive à son terme fin décembre, après dix ans à la tête de l’ONU. Dans cette course à la succession, quatre femmes et trois hommes sont en lice. C’est dans ce contexte que Pedro Sánchez, mercredi, à la tribune de l’ONU, a demandé qu’une femme d’Amérique latine prenne la relève.

Une succession qui relance deux revendications

La demande ne sort pas de nulle part. Une tradition de rotation géographique entre continents existe pour le poste de secrétaire général de l’ONU, même si elle n’a pas toujours été respectée. Cette fois, l’Amérique latine fait valoir sa candidature au nom de cette alternance.

À cela s’ajoute un autre constat, plus simple. L’ONU n’a jamais été dirigée par une femme. Pour Pedro Sánchez, les deux sujets se rejoignent au moment où l’organisation doit choisir le successeur d’António Guterres.

Pedro Sánchez parle d’une dette historique

Le chef du gouvernement espagnol a posé la question de front. Pedro Sánchez a demandé comment une organisation censée parler au nom de toute l’humanité pouvait n’avoir jamais eu de femme à sa tête. Il a aussi rappelé que, depuis trois décennies, le troisième continent le plus peuplé n’a pas accédé à cette fonction.

Pour lui, il s’agit d’une dette historique. Et son raisonnement dépasse la seule mécanique diplomatique. Pedro Sánchez a estimé que cet engagement devait être réaffirmé alors que le féminisme est attaqué et que des milliers de femmes subissent encore le machisme, la violence et la xénophobie.

Le multilatéralisme défendu contre ses adversaires

Son discours n’a pas porté seulement sur la succession. Pedro Sánchez a aussi défendu les principes du multilatéralisme liés à l’ONU, en visant des responsables politiques qui, selon lui, veulent ramener le monde vers un passé plus sombre.

Sans citer Donald Trump, que le dirigeant espagnol critique régulièrement, Pedro Sánchez a décrit des dirigeants qui contestent d’abord les règles, puis les enfreignent en pariant sur l’absence de sanctions. Il leur reproche aussi de réduire leurs contributions aux organisations internationales, d’attaquer leurs responsables et de bloquer leur action, avant de les présenter comme inutiles.

Renforcer les institutions, pas reculer

Face à ce qu’il voit comme un assaut contre les institutions internationales, Pedro Sánchez a appelé à les renforcer. Il a cité la Cour pénale internationale, qui doit selon lui pouvoir enquêter, poursuivre et sanctionner ceux qui violent les règles.

Son avertissement tient en une idée. Il a fallu des siècles, a-t-il rappelé, pour remplacer la loi du plus fort par la primauté du droit. La prochaine étape, pour l’ONU, se jouera donc sur deux fronts à la fois, le choix d’un nouveau visage et la défense du cadre qui permet encore à l’institution d’agir.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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