En bref
- Emmanuel Macron défend l’ONU pour sa dernière tribune
- Ses critiques sur Gaza ont fait réagir Israël
- Il a aussi parlé Ukraine et IA
Emmanuel Macron a prononcé mardi 22 septembre 2026 sa dernière intervention à la tribune de l’ONU avant de quitter l’Élysée en mai prochain. Pendant une trentaine de minutes, le chef de l’État a défendu le multilatéralisme et appelé à préserver l’organisation face au retour des rapports de force.
Une dernière tribune pour défendre l’ONU
Le président français a centré son discours sur un même message, l’ONU reste nécessaire dans un monde travaillé par les guerres, les rivalités de puissance et ce qu’il a décrit comme un retour de la loi du plus fort. Il a aussi rappelé ses engagements depuis 2017 en faveur de la coopération internationale, dans une prise de parole à la tonalité de bilan, même si l’Élysée continue d’assurer que le temps reste à l’action.
À la tribune, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de tenir face à ce qu’il a appelé l’esprit de défaite. Il a lancé, en conclusion, « Vive les Nations unies ! », sous les applaudissements de la salle plénière.
Gaza et la Cisjordanie au centre des tensions
Le passage le plus sensible concernait le conflit au Proche-Orient. Emmanuel Macron a dénoncé la situation humanitaire à Gaza et critiqué les actions israéliennes en Cisjordanie, en soulignant que le Hamas n’y était pas actif, ce territoire étant celui de l’Autorité palestinienne.
Il a aussi mis en cause l’inaction de la communauté internationale devant Gaza et répété qu’une solution à deux États restait, selon lui, la condition de la sécurité présente et future d’Israël et de sa population. Le propos, clairement, visait à replacer le dossier palestinien dans le cadre diplomatique plus large qu’il défend depuis plusieurs mois.
Israël contre-attaque immédiatement
La riposte n’a pas traîné. Le bureau de Benjamin Netanyahu a jugé les propos du président français sidérants et les a qualifiés d’absurdité grotesque. Il a affirmé que des membres du Hamas menaient presque chaque jour des attaques contre des Juifs en Judée-Samarie, le nom biblique utilisé en Israël pour la Cisjordanie.
L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a lui aussi critiqué un discours qu’il a estimé déconnecté de la réalité. Dans son argumentaire, le camp israélien a notamment rappelé la mort par balles, dimanche, à la veille de Yom Kippour, d’un colon israélien en Cisjordanie, père de six enfants et également français.
Ukraine, IA, Russie, Chine et États-Unis en toile de fond
Le discours ne portait pas seulement sur le Proche-Orient. Emmanuel Macron a plaidé pour un double moratoire sur les frappes visant les sites énergétiques en Russie et en Ukraine. Il a aussi appelé les États attachés à leur indépendance à développer une IA alternative, pour ne dépendre ni des États-Unis ni de la Chine.
Au passage, il a glissé plusieurs critiques contre Donald Trump, ses visées récurrentes sur le Canada et le Groenland, contre la Russie et contre l’affaiblissement du Conseil de sécurité, souvent paralysé, selon lui, par Washington, Moscou et parfois Pékin. Le prochain temps fort est déjà connu, Benjamin Netanyahu doit s’exprimer jeudi 24 septembre devant la même assemblée.