En bref
- Le Sénat espagnol a rejeté le traité
- Pedro Sánchez s’est excusé devant Macron
- Le blocage porte sur un article précis
La visite d’État d’Emmanuel Macron en Espagne devait illustrer le rapprochement entre les deux pays. Elle a surtout été marquée par un rejet politique embarrassant, avec le refus du Sénat espagnol de ratifier le traité d’amitié franco-espagnol en pleine séquence officielle à Madrid.
Une visite d’État rattrapée par un vote hostile
Mercredi 30 septembre 2026, lors d’une conférence de presse commune, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a présenté ses excuses au président français. Il a dit, en substance, qu’il ne pouvait que s’excuser pour le vote intervenu la veille au soir.
Le chef du gouvernement a aussi dénoncé la position du Parti populaire, qu’il a jugée déplorable. Ce parti de droite dispose de la majorité absolue au Sénat espagnol et a voté contre la ratification.
Pour Pedro Sánchez, l’enjeu dépasse les gouvernements du moment. Il a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un accord entre deux pays qu’il présente comme proches, avec un avenir commun à l’échelle européenne.
Macron relativise, sans masquer le revers
Aux côtés de Pedro Sánchez, Emmanuel Macron a choisi un ton plus retenu. Il a parlé d’« un contretemps plus qu’un drame », tout en disant regretter le vote de la chambre haute espagnole et en assurant le respecter.
Le président français a également défendu le texte, qu’il considère bon en l’état. Ce n’est pas un détail, car ce traité avait déjà franchi plusieurs étapes. Paraphé à Barcelone en janvier 2023 par les deux dirigeants, il a ensuite été ratifié par l’Assemblée nationale et le Sénat en France, ainsi que par le Congrès des députés en Espagne.
Le point qui bloque depuis le début
Le désaccord porte depuis l’origine sur un article précis. Le texte prévoit qu’un membre du gouvernement de l’un des deux pays soit invité au Conseil des ministres de l’autre au moins une fois tous les trois mois.
C’est ce mécanisme que le Parti populaire refuse. Pourtant, la justice espagnole, saisie sur ce point, a estimé le 23 septembre que le traité était bien constitutionnel. Elle a retenu une précision apportée par les deux pays, l’invitation se ferait, lorsqu’elle aurait lieu, en marge du Conseil des ministres, dans une réunion séparée.
Un traité pas isolé dans la diplomatie française
Ce type d’accord n’a rien d’exceptionnel pour Paris. La France en a signé quatre en Europe, avec l’Allemagne, la Pologne, l’Italie et l’Espagne.
Côté espagnol, le cadre est plus limité. L’Espagne n’a conclu des traités comparables qu’avec le Portugal et le Maroc. Ce vote du Sénat complique donc un texte symbolique, sans l’enterrer forcément, alors que la visite d’Emmanuel Macron devait justement montrer l’inverse.