En bref
- Le temps seul peut réduire le stress rapidement
- Solitude choisie et isolement subi ne se confondent pas
- Une activité calme aide à mieux en profiter
Chercher un moment pour soi n’a rien d’anormal. À rebours de l’idée selon laquelle il faudrait toujours être entouré, des recherches montrent que la solitude choisie peut agir comme un vrai sas de décompression, surtout après une journée chargée.
Un besoin identifié, avec un nom précis
Nous restons des êtres sociaux, oui. Mais le besoin inverse existe aussi, parfois avec la même force. Les chercheurs lui donnent un nom, l’aloneliness, soit ce malaise qui apparaît quand on manque de temps réellement passé seul.
Ce phénomène parle souvent aux introvertis, mais pas seulement. Parents, colocataires, salariés qui évoluent dans des lieux très fréquentés, comme les écoles ou les hôpitaux, peuvent ressentir la même saturation.
Ce que la solitude fait au stress
À l’université de Durham, la psychologue Thuy-Vy Nguyen travaille sur ce sujet. Ses recherches montrent que le temps seul aide à la régulation des émotions et place l’organisme dans une forme de récupération après le stress.
Dans une expérience, les participants étaient d’abord mis sous tension, puis laissés seuls dans une pièce. En 15 à 30 minutes seulement, les émotions et le stress redescendaient. Ce mécanisme ne s’observait pas de la même façon lorsqu’une autre personne restait dans la pièce.
Thuy-Vy Nguyen résume ainsi ce constat : « Une chose que nous voyons constamment dans nos recherches, c’est que le temps seul est très bon pour réguler les émotions ». Elle observe aussi un effet physique, avec une baisse du cortisol, un indicateur du stress.
Créativité, résilience, compassion envers soi
Le calme n’est pas le seul bénéfice. Des travaux menés pendant les confinements du COVID-19 ont associé le temps passé seul à davantage de créativité.
D’autres recherches pointent aussi un gain en compassion envers soi-même et en résilience. En gros, ce temps à part ne sert pas seulement à souffler, il aide aussi à remettre un peu d’ordre dans ce qui s’accumule mentalement.
Pourquoi il ne faut pas confondre solitude et isolement
C’est le point clé. La solitude n’est pas l’isolement. La seconde peut être subie et a déjà été liée à une moins bonne santé mentale, à un risque accru de maladies cardiovasculaires et même à une mortalité plus précoce.
Le temps seul, lui, peut être recherché, organisé, ajusté. C’est cette part de choix qui change tout.
Comment rendre ce temps seul vraiment utile
Pour Thuy-Vy Nguyen, mieux vaut donner une structure à ces moments. Le vide complet peut devenir inconfortable. Dans une de ses expériences, des participants ont préféré trier des centaines de crayons plutôt que rester sans rien faire. D’anciennes recherches montraient même que certaines personnes préféraient s’infliger de légères décharges électriques plutôt que simplement s’asseoir sans occupation.
Ses conseils sont simples : commencer par une activité qui occupe les mains, comme la lecture, le jardinage, un puzzle, le dessin ou des maquettes. Et éviter de se jeter sur le téléphone. Selon elle, ces appareils captent l’attention et favorisent le multitâche, au détriment de la réflexion.
Autre piste, sortir de chez soi quand la maison est trop chargée. Pour certains parents, ce n’est pas un luxe. C’est une manière très concrète de récupérer un peu d’espace mental.