En bref
- Kimberly Guilfoyle quitte son poste en Grèce
- Des soupçons de conflits d’intérêts l’ont fragilisée
- Une enquête interne reste en cours
Fragilisée par plusieurs révélations embarrassantes, Kimberly Guilfoyle a été poussée vers la sortie à Athènes. La porte-parole de la Maison Blanche, Katie Zacharia, a annoncé que l’ambassadrice des États-Unis en Grèce avait été priée de démissionner, mardi 13 octobre 2026.
Une éviction actée à Washington
Le président Donald Trump a ensuite confirmé la rupture devant la presse. Il a expliqué qu’elle faisait du bon travail, mais que ce qui remontait dans la presse américaine n’avait pas été accepté. Il a ajouté ne pas lui avoir parlé directement, tout en tranchant qu’elle ne serait plus à son poste.
Sur X, Kimberly Guilfoyle a contesté les accusations et défendu son action diplomatique. Elle a aussi réaffirmé sa loyauté envers Donald Trump, en admettant que son mandat pouvait s’achever. Elle a assuré, « Ces accusations sont fausses, et j’ai l’intention de défendre vigoureusement mon honneur, ma réputation et mon intégrité ».
Les échanges et avantages qui ont tout changé
Le dossier s’est accéléré après une série d’articles du Wall Street Journal. Le quotidien affirme, captures d’écran à l’appui, que l’ambassadrice a échangé pendant des mois avec Eric Deters, juriste et ancien candidat au Congrès dans le Kentucky, qui cherchait un appui de l’administration Trump pour ses problèmes fiscaux.
Selon le journal, ce riche donateur a versé des centaines de milliers de dollars à la famille Trump et au camp républicain depuis 2020. Il est aussi question d’une demande de Kimberly Guilfoyle pour régler le solde de sa carte de crédit, restée sans suite d’après Eric Deters.
D’autres révélations ont suivi. Cette fois sur la base d’enregistrements, le même quotidien rapporte qu’elle se vantait de voyages et de séjours luxueux financés par de riches hommes d’affaires grecs. Les soupçons de conflits d’intérêts se sont alors accumulés.
Une figure déjà controversée à Athènes
Ancienne procureure en Californie, âgée de 57 ans et née à San Francisco, Kimberly Guilfoyle avait été nommée en décembre 2024. Mais elle n’est arrivée à Athènes qu’en novembre 2025. Entre-temps, son profil public restait très exposé, de Fox News au mouvement Make America Great Again.
La presse grecque avait aussi ressorti des propos tenus en 2015, au plus fort de la crise financière. Elle y décrivait les Grecs comme des « profiteurs » qu’il fallait punir « comme un chien qui fait pipi sur le tapis ». Pas anodin pour une représentante américaine dans le pays.
À peine arrivée, elle s’est retrouvée au cœur de la presse people locale, entre soirées mondaines, conférences sur l’énergie et escapade à Mykonos. Son étreinte avec Marco Rubio à l’aéroport d’Athènes, lors de la visite du chef de la diplomatie américaine, a beaucoup circulé.
Une enquête sensible sur fond d’enjeu énergétique
L’inspecteur général du département d’État enquête désormais pour savoir si elle a reçu des cadeaux inappropriés. Et ce point compte, car Kimberly Guilfoyle travaillait sur des dossiers jugés stratégiques, notamment les ports et surtout l’énergie.
La Grèce occupe une place clé pour Washington. Ses terminaux de GNL se développent rapidement et le pays peut servir de porte d’entrée au gaz américain vers les Balkans. C’est dans ce contexte que son départ prend du poids, bien au-delà d’un simple remaniement diplomatique.