En bref
- Navi Pillay reçoit le Nobel de la paix 2026
- Donald Trump dénonce un choix « honteux »
- Sa revendication sur huit guerres est contestée
Le prix Nobel de la paix 2026 a été attribué vendredi 9 octobre à Navi Pillay, et la réaction de Donald Trump n’a pas tardé. En meeting à Syracuse, le président américain a assuré que le lauréat aurait dû être les États-Unis, représentés par lui-même. Il a aussi dit n’avoir « jamais entendu parler » de Navi Pillay et a dénoncé une décision « honteuse et embarrassante ».
Une distinction qui déclenche une riposte immédiate
L’annonce a été faite le même jour. Pour Donald Trump, ce nouveau revers est d’autant plus mal reçu qu’il s’était déjà étonné, en 2025, de ne pas avoir obtenu le Nobel à la place de Maria Corina Machado.
Il a même visé la Norvège, parlant d’une « tache indélébile ». Pourtant, le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre lui avait déjà rappelé l’an dernier que l’attribution relevait d’un comité indépendant installé en Norvège, et non du gouvernement.
Le parcours de Navi Pillay au centre du choix
À 85 ans, Navi Pillay a été distinguée pour son engagement en faveur du respect des droits fondamentaux et de la justice pénale internationale. Née sous l’apartheid en Afrique du Sud, elle a occupé plusieurs fonctions majeures dans le droit international.
Elle a notamment travaillé au Tribunal pénal international pour le Rwanda et à la Cour pénale internationale. L’an dernier, elle a aussi présidé une commission d’enquête indépendante de l’ONU qui a accusé Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza.
Les arguments de Trump ne résistent pas à la vérification
Pour défendre sa candidature, Donald Trump a affirmé avoir « mis fin à huit guerres ». Il a ajouté que son pays aurait dû recevoir huit Nobel, un pour chaque conflit. Bon, l’argument a vite été contesté.
La cellule de vérification de CNN juge cette affirmation fausse. Elle relève que plusieurs situations citées par Donald Trump ne correspondent pas à des guerres arrêtées, ou restent en cours, notamment entre la RDC et le Rwanda, entre l’Iran et Israël, ou encore entre Israël et le Hamas.
Une passe d’armes sur fond de tensions avec la CPI
Informée des critiques venues de Washington, Navi Pillay a répondu sur un ton léger. « Ça doit être une blague », a-t-elle lancé, avant d’ajouter, sous les applaudissements, « Si vous applaudissez encore un peu plus, je partagerai peut-être ce prix avec Trump ».
Le même jour, l’administration américaine a annoncé des sanctions contre la Cour pénale internationale. Le secrétaire d’État Marco Rubio a accusé l’institution de vouloir davantage de pouvoir aux dépens des États-Unis et l’a qualifiée de tribunal voyou. Navi Pillay, elle, a jugé ces mesures inacceptables.