Flydubai : l’enquête détaille le projet suicide du copilote sur Israël

Le copilote du vol Flydubai visait l’aéroport de Ben Gourion, selon le procureur émirati. L’enquête interroge aussi les contrôles avant son embauche.

Cockpit face à une piste d’aéroport
Image d'illustration. Le vol visait Israël, selon le procureur. — ADN

En bref

  • Le copilote visait l’aéroport Ben Gourion
  • L’appareil a fini en Arabie saoudite
  • Son recrutement soulève des questions

Le procureur des Émirats arabes unis affirme désormais que le copilote du vol Flydubai FZ1073 préparait bien une attaque suicide contre l’aéroport de Ben Gourion, à Tel Aviv. L’homme, un ressortissant de l’Oman, devait y atterrir après un départ des Émirats arabes unis.

Une cible désormais identifiée

Vendredi 9 octobre, le procureur Hamad Saif Al Shamsi a donné un détail central, la cible était bien l’aéroport israélien. Il ajoute que le copilote s’était inspiré des attentats du 11 septembre 2001.

Quelques jours plus tôt, le même magistrat avait déjà parlé d’un acte terroriste en préparation. Cette fois, il explique que l’enquête a montré que le copilote avait commencé à exécuter son plan et tenté de prendre les commandes de l’avion.

Ce qui s’est passé dans le cockpit

L’attaque a eu lieu mercredi 30 septembre. D’après le procureur, le copilote a agressé le commandant de bord avec la hache de secours présente dans le cockpit.

Le pilote principal, l’Indien Smit Machchhar, a été blessé. Mais c’est lui qui a ouvert la porte du cockpit, permettant à d’autres personnes d’intervenir et de reprendre la situation alors que l’appareil piquait. Résultat, l’avion a pu être redressé.

À bord, il y avait 174 personnes, dont 166 Israéliens. Après ce décrochage brutal, l’appareil a finalement réussi un atterrissage d’urgence en Arabie saoudite.

Le procureur dit aussi que le copilote a affirmé avoir agi seul. L’enquête continue pour vérifier ce point.

La question sensible de l’embauche

Un autre volet concentre l’attention, celui de son recrutement par Flydubai. Plusieurs médias internationaux indiquent que l’homme, identifié comme Hammam Hammami, avait été interdit de pilotage par les autorités de l’Oman pour des raisons de sécurité.

Selon ces informations, ces autorités le jugeaient influencé par des groupes islamistes radicaux après un séjour en Syrie. Il aurait ensuite quitté Oman Air, tenté sans succès de rejoindre Emirates, puis été embauché par Flydubai.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu estime qu’il « avait subi un endoctrinement islamiste radical ». De son côté, Hamad Saif Al Shamsi répond que l’attaquant remplissait, au moment de l’embauche, toutes les exigences prévues, avec une licence de pilote, un certificat de bonne conduite et les vérifications requises.

Après l’incident, Israël a ordonné un examen des mesures de sécurité sur les vols internationaux à destination du pays.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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