En bref
- Maricarmen Abascal est morte à 87 ans
- Son expulsion avait choqué toute l’Espagne
- La crise du logement pèse sur les élections
En Espagne, une expulsion devenue affaire d’État vient de trouver son épilogue le plus brutal. Maricarmen Abascal, 87 ans, dont le cas avait placé la crise du logement au centre du débat public, est morte mercredi 7 octobre 2026. L’annonce a été faite par l’Union des locataires de Madrid.
Le syndicat explique que son combat a marqué un tournant. Et les faits, eux, sont clairs. Depuis son expulsion, l’affaire avait dépassé de très loin le cadre de son appartement madrilène.
Une affaire privée devenue crise nationale
Le 23 septembre, Maricarmen Abascal avait été expulsée de son logement à Madrid sur un brancard. La société immobilière propriétaire avait fortement relevé son loyer. Cette image, celle d’une retraitée très âgée sortie de chez elle de cette manière, a frappé le pays.
Très vite, elle est devenue le symbole des difficultés rencontrées par les Espagnols les plus fragiles pour se loger. Pas seulement à Madrid. Dans tout le pays, son histoire a cristallisé une colère déjà présente sur les loyers, les expulsions et l’accès au logement.
Le logement s’invite au centre du jeu politique
La mobilisation a mis sous pression le gouvernement de gauche minoritaire. Plusieurs mesures urgentes ont alors été poussées dans le débat, notamment un durcissement des restrictions sur les expulsions et une garantie de renouvellement tacite des contrats de location.
Mais la semaine dernière, le Parlement a rejeté ces propositions. Ce vote a eu une conséquence directe. Pedro Sanchez a convoqué des élections anticipées pour le 29 novembre.
Le dossier du logement occupait déjà une place importante. Après l’affaire Maricarmen Abascal, il est devenu un sujet central, avec un coût politique immédiat.
Une issue obtenue trop tard
Après son expulsion, Maricarmen Abascal avait été hospitalisée dans un état d’épuisement. Un accord avait bien été trouvé avec la société propriétaire pour qu’elle puisse réintégrer son appartement.
Mais pour l’Union des locataires de Madrid, cette solution est arrivée trop tard. À l’annonce de sa mort, des centaines de personnes sont descendues dans la rue pour lui rendre hommage.
Ce décès referme une trajectoire personnelle. Il ne ferme pas, loin de là, la séquence politique ouverte en Espagne depuis son expulsion.