En bref
- Flavio Bolsonaro arrive devant Lula
- Second tour fixé au 25 octobre
- La droite fait mieux que prévu
Les enquêtes d’opinion voyaient encore Lula légèrement devant. Dimanche 4 octobre 2026, c’est pourtant Flavio Bolsonaro qui a pris la tête du premier tour de la présidentielle au Brésil, avec plus de 47 % des voix contre près de 45 % pour le président sortant. Les deux hommes se retrouveront le 25 octobre.
Les sondages pris à revers
Après dépouillement de près de 99 % des urnes, le sénateur conservateur de 45 ans a donc devancé Luiz Inacio Lula da Silva, 80 ans. Le résultat prolonge une tendance déjà vue en 2018, quand la droite avait, là aussi, été sous-estimée par les sondages.
Les deux favoris avaient affiché leur confiance avant le vote, en disant croire à une victoire dès le premier tour. Mais aucun n’a franchi la barre des 50 %, et le pays repart pour une campagne éclair de trois semaines.
Un duel chargé d’héritages et de rejets
Pour Flavio Bolsonaro, c’est une première candidature présidentielle, mais pas un saut dans l’inconnu. Son père, Jair Bolsonaro, l’avait désigné après sa condamnation à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État contre Lula en 2022.
En face, Lula, revenu au pouvoir en 2023, vise un quatrième mandat non consécutif. Parmi les quelque 160 millions d’électeurs, beaucoup ont surtout exprimé une forme de fatigue devant ce duel entre figures déjà connues. Une électrice a ainsi raconté avoir longtemps voté pour Lula, avant de choisir finalement Bolsonaro au bureau de vote, juste pour essayer.
Après avoir voté dans l’État de Sao Paulo, Lula a résumé l’enjeu en parlant d’un choix entre « le renforcement du régime démocratique et la barbarie ».
Sécurité, pouvoir d’achat, environnement
Le président sortant peut mettre en avant ses programmes sociaux, qui avaient sorti des millions de personnes de la pauvreté dans les années 2000, ainsi qu’une baisse nette de la déforestation en Amazonie. Mais la campagne a davantage tourné autour du coût de la vie, de la criminalité et des polémiques.
À la sortie de son bureau de vote à Rio, Flavio Bolsonaro a promis « de libérer le peuple brésilien ». Il a aussi mis en avant les impôts, les violences faites aux femmes et ce qu’il décrit comme une persécution politique. Son programme promet la fermeté contre le crime et l’austérité budgétaire.
Le volet environnemental, lui, est resté discret, même si une jeune électrice autochtone de la région de Manaus a rappelé l’importance de défendre le territoire et la nature.
Le clan Bolsonaro progresse, Washington en toile de fond
Le scrutin ne concerne pas seulement la présidentielle. D’autres membres de la famille Bolsonaro ont été élus aux législatives, dans un contexte de forte poussée de la droite.
L’ombre de Donald Trump a aussi plané sur la campagne. Le président américain disait suivre l’élection de très près et son influence a compté, même sans soutien officiel à Flavio Bolsonaro. Depuis le procès de 2025 contre Jair Bolsonaro, Washington a brandi droits de douane et sanctions contre le Brésil. Une électrice de gauche disait, elle, craindre un pays moins indépendant. Entre rejet du PT, promesse d’ordre et usure du pouvoir, le second tour part sur une base serrée.