Le Brésil s’apprête à officialiser deux jours de repos par semaine

Image d'illustration. Coquillages sur le sable d une plage brésilienneADN
Au Brésil, les parlementaires s’apprêtent à officialiser un week-end de deux jours, alignant ainsi la législation du travail sur la pratique déjà répandue dans le pays et répondant aux attentes des salariés en matière de temps de repos.
Tl;dr
- Projet de réduction du temps de travail au Brésil.
- Deux jours de repos hebdomadaires prévus.
- Débat entre avancée sociale et risques économiques.
Vers une transformation du temps de travail au Brésil
Depuis des décennies, la question du temps de travail agite les débats sociaux au Brésil. Cette semaine, la Chambre des députés a franchi une étape décisive en validant un projet de réforme constitutionnelle visant à ramener la durée légale à 40 heures hebdomadaires, contre 44 actuellement, et surtout à instaurer enfin deux jours de repos consécutifs chaque semaine.
La célèbre plage de Copacabana pourrait ainsi voir son affluence exploser le week-end si la mesure venait à entrer en vigueur.
Un enjeu politique dans un contexte tendu
Ce vote représente une victoire notable pour le président de gauche Lula. À quelques mois d’une élection présidentielle qui s’annonce très disputée face au sénateur Flavio Bolsonaro, fils de l’ex-chef d’État d’extrême droite Jair Bolsonaro, cette réforme tombe à point nommé.
Le chef d’État, candidat à un quatrième mandat, multiplie les initiatives sociales pour séduire un électorat partagé, alors que les sondages montrent une course particulièrement serrée.
Syndicats enthousiastes, patronat sceptique
Pour les syndicats et la gauche, cette avancée est saluée comme un progrès indéniable pour la qualité de vie et la santé mentale des salariés. Dans un pays où le taux de chômage atteint des niveaux historiquement bas mais où le secteur informel demeure important, il s’agit là d’une première réduction du temps de travail depuis la constitution de 1988. Comme l’a souligné mardi le président Lula lors d’un déplacement dans l’État d’Amazonas, « les gens travailleront cinq jours et pourront se reposer deux jours ».
Cependant, le projet suscite aussi des inquiétudes parmi les dirigeants politiques conservateurs et les entrepreneurs. Le président de la Confédération nationale de l’industrie, Ricardo Alban, a ainsi mis en avant ses préoccupations : « Où sont la prévisibilité et la sécurité juridique ? ». Beaucoup redoutent une perte de compétitivité et une augmentation des coûts pour les entreprises.
Des chiffres qui témoignent d’un changement attendu
D’après les estimations fournies avec ce projet, près de 14,8 millions de Brésiliens travaillent six jours par semaine, tandis que plus de 20 millions dépassent les 44 heures hebdomadaires. En Amérique latine, selon l’Organisation internationale du travail, la norme reste encore fixée à 48 heures. Cette réforme attend désormais le feu vert du Sénat pour devenir réalité et transformer profondément le quotidien professionnel brésilien.