Le congé de naissance confirmé : sa mise en place imminente, mais sans date précise

Le projet de congé de naissance, destiné à accompagner les premiers jours de vie d’un enfant, avance concrètement. Son entrée en vigueur pourrait intervenir rapidement, même si des incertitudes persistent sur le calendrier précis de sa mise en place.

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Image d'illustration. Installation de chambre de bébé confortable — ADN

Tl;dr

  • Le congé de naissance prévu dès janvier 2026.
  • Durée modulable : un ou deux mois fractionnables.
  • Désaccord sur la date d’application entre députés et sénateurs.

Congé de naissance : une avancée attendue, mais le calendrier divise

C’est l’une des mesures-phares du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 : la création d’un congé de naissance, voulu par le gouvernement pour soutenir la politique démographique.

Pourtant, si le principe ne fait guère débat, la question du « quand » s’invite au cœur des discussions parlementaires.

Un nouveau droit pour les parents

Annoncé par Emmanuel Macron en janvier dernier dans une optique de « réarmement démographique », ce futur congé supplémentaire s’ajouterait aux dispositifs actuels — congés maternité et paternité. Sa durée, au choix du salarié, serait d’un ou deux mois, fractionnable en deux périodes d’un mois chacune. L’indemnisation, qui doit encore être précisée par décret, s’établirait à 70% du salaire net le premier mois, puis à 60% pour le second.

Un élément clé vanté notamment par l’écologiste Sandrine Rousseau, qui insiste sur l’importance du fractionnement afin d’encourager plus de pères à bénéficier de ce temps auprès du nouveau-né : « Un mois supplémentaire permet vraiment un lien particulier avec l’enfant ».

Date d’entrée en vigueur : le bras de fer parlementaire

Si le principe recueille un large soutien — l’amendement a été adopté à l’Assemblée nationale par 220 voix contre 2 — reste à savoir quand cette mesure entrera concrètement en application. Les députés souhaitent avancer à janvier 2026 sa mise en œuvre alors que les sénateurs plaident pour un report à janvier 2027, arguant des délais techniques nécessaires. Une tentative intermédiaire a même vu le jour côté gouvernemental, visant avril 2027, sans succès.

Cette cacophonie inquiète certains élus, dont Anne Bergantz (MoDem) qui alerte sur les risques opérationnels : « Mieux vaut prendre le temps d’adapter les systèmes plutôt que de lancer une réforme bancale et provoquer des retards dans les indemnisations ». Mais sur les bancs socialistes, on presse d’aller vite, comme en témoigne Sandrine Runel, pour qui « tout le monde attend ce congé dès 2026 afin de réduire les inégalités hommes-femmes au travail ».

L’attente des familles et la décision finale

Dans cette ambiance électrique, les députés rapportent recevoir quotidiennement des centaines de messages émanant de futurs parents impatients de voir ce droit effectif rapidement. Il faudra pourtant patienter encore un peu.

Le vote décisif est programmé mardi prochain lors du passage final du budget de la Sécu pour 2026. D’ici là, l’incertitude demeure sur la date définitive d’application de ce nouveau dispositif destiné à accompagner au mieux les jeunes familles françaises.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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