En bref
- Flavio Bolsonaro conteste toujours sa défaite
- Il veut mener l’opposition depuis les États-Unis
- Des enquêtes judiciaires l’attendent au Brésil
Le départ de Flavio Bolsonaro vers les États-Unis ouvre une nouvelle séquence politique au Brésil. Battu au second tour de la présidentielle par Luiz Inácio Lula da Silva le 25 octobre 2026, le sénateur de 45 ans refuse toujours le résultat et affirme désormais vouloir conduire l’opposition depuis l’étranger, alors même qu’il n’a pas remis ses passeports comme la justice le lui demandait.
Un départ qui bouscule l’après-élection
Installé en Floride avec sa famille, le fils de Jair Bolsonaro a publié mercredi 28 octobre un communiqué adressé au peuple brésilien et à la communauté internationale. Il s’y présente comme le leader du pays et promet de poursuivre, selon ses mots, « seulement le début de notre lutte pour la démocratie, les droits humains et la liberté au Brésil ».
Il va plus loin en se comparant au général Charles de Gaulle, qu’il décrit comme celui qui a dirigé la France libre depuis Londres pendant la Seconde Guerre mondiale. Quelques minutes avant cette version, un premier texte le désignait même comme le véritable président du Brésil.
La fraude au cœur de son discours
Flavio Bolsonaro répète qu’une fraude électorale a eu lieu. Il affirme, dans un message très offensif, « J’ai vu, horrifié, une fraude électorale se concrétiser sous mes yeux ». Il juge mathématiquement impossible que le président sortant ait gagné 10 millions de voix entre le premier et le second tour.
Dimanche déjà, juste après les résultats, il annonçait vouloir demander l’annulation du scrutin malgré les assurances de la justice électorale sur sa régularité.
À Brasilia, son directeur de campagne, le sénateur Rogerio Marinho, lui a apporté son soutien en parlant d’un exilé politique. Mais il a refusé de reprendre les accusations de fraude, en expliquant que le Parti libéral ne pouvait pas l’affirmer faute de preuve.
Une fuite politique sous fond d’enquêtes
Son arrivée en Floride a suivi un trajet passant par l’Argentine puis l’Équateur. Les autorités américaines ont indiqué que lui et sa famille avaient été admis conformément aux règles d’immigration en vigueur.
Le dossier est aussi judiciaire. L’administration de Donald Trump, allié de Jair Bolsonaro, leur avait accordé des visas. Le président américain a dit de la famille Bolsonaro, « Je pense que ce sont des gens très bien », avant d’ajouter qu’il approuverait leur venue et que l’élection lui avait paru « très étrange ». Il a ensuite assuré qu’il ne se mêlerait pas de cette affaire. Flavio Bolsonaro a aussi remercié Donald Trump et le président argentin Javier Milei, sans détailler leur rôle.
Lundi, le sénateur avait promis d’obéir à l’ordre judiciaire lui imposant de remettre ses passeports. Il ne l’a pas fait. Ses documents, y compris son passeport diplomatique, ont été annulés mardi. Il possède aussi la nationalité italienne depuis 2023. Visé par plusieurs enquêtes, il est soupçonné de corruption et de blanchiment d’argent autour du financement d’un film sur son père. Il conteste toute irrégularité. La police brésilienne précise qu’il n’est pas considéré comme fugitif.
Lula hausse le ton, Brasilia attend la suite
Mardi, Lula avait jugé qu’une fuite hors du pays serait « honteuse ». Lors de la célébration de ses 81 ans à Brasilia, il a aussi lancé à propos de Flavio Bolsonaro que « le Brésil, c’est sa seconde patrie. La première, c’est de lécher les bottes des États-Unis ».
Lundi encore, le fils aîné de Jair Bolsonaro assurait n’avoir « jamais pensé à quitter le pays ». Son père, reçu avec lui à la Maison Blanche en mai par Donald Trump, est aujourd’hui assigné à résidence et purge une peine de 27 ans pour avoir tenté de se maintenir au pouvoir après sa défaite de 2022.