En bref
- Donald Trump accuse l’islam et l’immigration
- La mobilisation française visait l’école
- Le camp MAGA recycle les images
Donald Trump a attribué les manifestations lycéennes en France à l’immigration et à l’islam, alors que la mobilisation portait d’abord sur le manque de moyens dans l’Éducation nationale et sur le soutien aux lycéens.
Trump plaque ses thèmes sur la crise française
Le président américain a commenté la situation française avec sa grille de lecture habituelle. Selon lui, ce qui se joue en France ne relève pas d’une crise scolaire mais d’une migration massive devenue incontrôlée. Il a aussi affirmé, dans des propos rapportés publiquement, que l’islam cherchait à prendre le contrôle d’un pays qu’il décrit comme autrefois grand.
La séquence est politique. Elle déplace le débat, d’un mouvement social lié à l’école vers les thèmes identitaires que Donald Trump met régulièrement en avant.
En France, une mobilisation partie de l’école
Sur le terrain, les revendications avancées n’étaient pas celles-là. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté mardi 6 octobre pour dénoncer l’insuffisance des moyens dans l’enseignement et afficher leur solidarité avec les lycéens.
Certains syndicats et des jeunes sur les réseaux sociaux avaient annoncé une « semaine noire » dans les établissements. La mobilisation des lycéens et des étudiants se poursuivait pour demander de meilleures conditions d’étude et davantage de professeurs. Résultat, des centaines d’établissements fermés, des cours à distance dans certains cas, et de fortes tensions entre police et manifestants.
Les relais MAGA ont amplifié les images
Avant même l’intervention de Donald Trump, des figures proches du mouvement MAGA, pour Make America Great Again, diffusaient depuis plusieurs jours des vidéos tournées lors des manifestations françaises.
Dave Rubin, commentateur de droite radicale suivi par 1,6 million d’abonnés, a par exemple relayé lundi sur X des images filmées dans une gare française. Il a écrit, à propos des États-Unis, « Cela arrivera aux États-Unis si les démocrates reprennent le pouvoir ». Dans le même registre, il a aussi présenté les événements en France comme faisant partie d’un réseau international de socialistes voulant démanteler l’Occident.
Un contexte électoral tendu aux États-Unis
Cette récupération n’arrive pas par hasard. Le Parti républicain, celui de Donald Trump, est donné en difficulté dans les sondages avant les législatives du 3 novembre.
Les électeurs américains lui reprochent notamment de ne pas agir assez face à la hausse continue du coût de la vie. Et la bataille du Congrès pèse lourd. Une défaite ferait perdre au président américain le contrôle de cette chambre clé du pouvoir.