En bref
- Halloween pèse 161,5 millions d’euros en France
- Les volumes progressent, pas le chiffre d’affaires
- Les foyers gardent un budget très encadré
On achète plus de bonbons pour Halloween, mais on ne dépense pas vraiment plus. C’est le point qui ressort cette année en France, où la fête représente désormais un rendez-vous solide pour les fabricants de confiseries, sans retrouver pour autant une vraie dynamique en valeur.
Selon les Confiseurs de France, les ventes liées à Halloween ont atteint 161,5 millions d’euros en 2025, pour près de 18.400 tonnes écoulées. La fête compte désormais pour 13 % des volumes annuels de douceurs vendues dans le pays. D’après NielsenIQ, elle pèse aussi entre 12 % et 15 % du chiffre d’affaires annuel du secteur.
Plus de paquets, mais pas plus d’argent
Le marché continue donc d’avancer, mais moins vite qu’avant. Entre 2023 et 2025, les quantités vendues ont encore progressé de 3,4 %. Dans le même temps, les ventes en valeur sont restées presque inchangées, d’après les Confiseurs de France.
Ce décalage dit quelque chose d’assez simple. Les consommateurs restent là, les achats aussi, mais la dépense plafonne. Sur ce terrain, Halloween ressemble moins à une ruée qu’à un rituel bien installé.
Des prix qui refluent après le choc inflationniste
Les données de Que Choisir vont dans le même sens. Les 50 millions de paquets de bonbons prévus pour Halloween devraient coûter en moyenne 4 % de moins en 2026 qu’un an plus tôt, après un recul de 3 % en 2025. Rien qui efface totalement la flambée de 2023, quand les prix avaient bondi de 21 % sur fond d’envolée du sucre.
Chez Haribo France, premier vendeur de confiseries dans l’Hexagone, Virginie Orezzi nuance d’ailleurs l’explication par cette seule matière première. Elle rappelle que l’emballage, le transport et l’inflation plus générale comptent aussi. L’entreprise, qui possède deux usines à Uzès et Marseille, dit avoir lancé cette année des sachets moins chers qu’auparavant.
Le prix moyen d’un sachet acheté en France, tous formats confondus, reste à 2,10 euros. Et le budget annuel moyen d’un foyer pour les confiseries atteint 41,50 euros, sans vraie variation depuis trois ans. Bref, les bonbons gardent leur place, mais pas question pour beaucoup de ménages d’ouvrir davantage le portefeuille.
Une fête installée dans les foyers et les quartiers
Cette stabilité n’empêche pas la fête de s’ancrer. D’après l’Obscoco, six Français sur dix célèbrent désormais Halloween, surtout les 18-24 ans et les familles avec jeunes enfants.
Le phénomène ne se joue pas seulement dans les rayons. Près de Toulouse, Magali P. prépare quelques paquets pour les enfants du quartier, dans une rue décorée de fausses toiles d’araignée et d’un squelette en carton. Plus à l’est, Thibaut, quadragénaire parisien, a déjà testé un sachet au packaging noir et voyant, avec tarentules et serpents gélifiés, avant de prévoir un nouveau passage en supermarché avec son enfant.
Selon Virginie Orezzi, 75 % des foyers français voient passer des enfants venus réclamer « des bonbons ou un sort ». Les formats qui fonctionnent le mieux sont les mini-sachets individuels et les seaux de petits paquets, jugés plus rassurants et plus pratiques. Derrière les chiffres, c’est peut-être là que le marché tient le mieux, dans ce mélange de consommation, d’habitude familiale et de lien de voisinage.