- Le groupe B est lié au diabète de type 2
- Le sur-risque moyen retenu atteint 28 %
- Sur 270 liens étudiés, un seul résiste vraiment
Parmi les 270 associations passées au crible entre groupes sanguins et maladies, une seule a tenu bon. C’est le cœur de la publication parue dans BMC Medicine, menée par une équipe dirigée par l’épidémiologiste Fang-Hua Liu, de l’hôpital Shengjing de l’université médicale de Chine.
Un seul signal tient vraiment
Le résultat retenu concerne les personnes de groupe sanguin B, qu’il soit positif ou négatif. D’après cette revue de 2024, elles présentent en moyenne un risque plus élevé de développer un diabète de type 2 que les personnes appartenant aux groupes non-B.
Les chercheurs ont repris 51 revues systématiques avec méta-analyses, soit une synthèse très large de travaux déjà publiés. Dans leur article, ils expliquent avoir recalculé chaque association et n’avoir trouvé qu’un seul lien reposant sur un niveau de preuve jugé convaincant, celui entre le groupe B et le diabète de type 2.
Ce que signifie ce sur-risque de 28 %
Le chiffre avancé, c’est 28 % de risque en plus. Ce n’est pas rien, surtout si d’autres facteurs s’ajoutent. Mais ce n’est pas non plus le facteur dominant.
La source rappelle que 50 grammes par jour de viande transformée augmentent le risque de 37 %. Un mode de vie sédentaire peut le faire grimper de 112 %. Et le surpoids fait partie des facteurs les plus importants connus à ce jour. En gros, le signal existe, mais il reste bien plus modeste que l’alimentation, le poids ou le mode de vie.
Pourquoi les chercheurs ont écarté la plupart des autres liens
L’intérêt de cette étude, c’est sa méthode. L’équipe a fouillé plusieurs bases de données, dont PubMed, Web of Science, Embase, Scopus et la Cochrane Library, jusqu’au 16 février 2024.
Ensuite, chaque lien entre un groupe sanguin et un problème de santé a subi une série de tests statistiques. Les auteurs ont regardé si les résultats étaient cohérents d’une étude à l’autre, si les échantillons étaient assez larges, s’il existait des biais, par exemple de petites études qui gonflent les effets, et si l’association avait des chances de réapparaître dans de futurs travaux. La plupart n’ont pas passé l’examen.
Ce qu’on sait, et ce qu’on ne sait pas encore
Les groupes sanguins humains se répartissent en huit grands types selon la présence, ou non, de certains sucres et protéines à la surface des globules rouges. Les groupes A, B et AB dépendent d’antigènes, alors que le groupe O n’a ni antigène A ni antigène B. Le facteur Rh, lui, détermine le positif ou le négatif.
Mais le mécanisme derrière ce lien reste flou. Les chercheurs ne l’ont pas étudié ici. Une étude de 2025 évoque une possible implication du microbiote intestinal, sans trancher. Résultat, on a un lien statistique tangible, pas encore son explication complète. Et c’est sans doute le point qui comptera dans les prochaines recherches.