Une nouvelle forme unique de diabète reçoit une reconnaissance officielle

Image d'illustration. Contrôle de la glycémie. ADN
Un nouveau type de diabète vient d’être officiellement reconnu par les autorités médicales, marquant une avancée importante dans la compréhension de cette maladie complexe et ouvrant la voie à des stratégies de prise en charge mieux adaptées aux patients concernés.
Tl;dr
- Le diabète regroupe plus d’une douzaine de formes.
- Le diabète de type 5, lié à la malnutrition, reconnu.
- Traitements et risques varient selon le type diagnostiqué.
Un panorama bien plus vaste que prévu
À première vue, on pourrait croire que le diabète se limite à quelques types bien connus. Pourtant, cette maladie recouvre en réalité plus d’une douzaine de formes différentes – et la récente reconnaissance du diabète de type 5 par la Fédération Internationale du Diabète vient encore complexifier la classification. Loin d’être homogène, le terme « diabète » désigne ainsi une multitude de troubles ayant pour point commun un taux de sucre sanguin élevé, mais des causes souvent très éloignées.
L’éventail des principaux types
Il convient donc de distinguer les grandes catégories :
- Diabète de type 1 : lié à une réaction auto-immune détruisant les cellules produisant l’insuline. Il touche aussi bien l’enfant que l’adulte, sans lien avec le mode de vie. Sa prise en charge repose principalement sur l’insulinothérapie à vie – parfois complétée par des greffes cellulaires issues de donneurs ou de cellules souches, des solutions encore rares et coûteuses.
- Diabète de type 2 : la forme la plus fréquente, fréquemment associée au surpoids, mais pas exclusivement. Des facteurs génétiques entrent également en jeu. Les traitements sont variés : médicaments stimulant la production ou l’action de l’insuline (notamment la metformine), adaptation du régime alimentaire et activité physique, voire diètes très basses calories capables d’inverser la maladie dans certains cas.
- Diabète gestationnel : il survient pendant la grossesse sous l’effet des hormones. Certaines populations (origine sud-asiatique, africaine…) y sont particulièrement exposées. La surveillance et les adaptations alimentaires s’avèrent alors primordiales.
L’ombre des formes rares et le poids du contexte social
Derrière ces diagnostics majoritaires se cachent une foule de variantes beaucoup moins connues : mutations génétiques responsables du MODY ou du diabète néonatal ; apparition secondaire après chirurgie pancréatique (type 3c) ; développement chez les personnes atteintes de mucoviscidose… Sans oublier le nouveau venu : le type 5, directement associé à une malnutrition précoce, typique des contextes socio-économiques défavorisés. Selon certaines estimations, il concernerait entre vingt et vingt-cinq millions d’individus dans le monde.
Des travaux chez l’animal ont montré qu’un déficit protéique durant la croissance compromettait définitivement le développement du pancréas – réduisant d’autant la réserve de cellules productrices d’insuline à l’âge adulte.
Mieux classifier pour mieux soigner
On comprend dès lors l’enjeu : poser le bon diagnostic reste décisif pour adapter les soins et espérer améliorer les perspectives des patients. À mesure que la recherche progresse, notre vision du diabète s’affine et invite à dépasser les catégories historiques pour prendre en compte toute sa diversité. Un défi médical, mais aussi social : comme le rappelle Craig Beall, reconnaître officiellement le diabète lié à la malnutrition pourrait catalyser une prise en charge globale plus juste – tout particulièrement dans les pays aux ressources limitées.